* Toyota et Suzuki veulent faire vite
* Toyota peine à se développer en Inde où Suzuki est très
présent
* Toyota peut aider Suzuki dans la R&D
(Actualisé avec un commentaire de Suzuki, rappel sur les
résultats)
par Naomi Tajitsu
TOKYO, 6 février (Reuters) - Toyota Motor 7203.T et Suzuki
Motor 7269.T ont annoncé lundi qu'ils allaient entamer des
discussions en vue d'un partenariat portant sur leurs achats,
les véhicules verts, l'informatique et les technologies de la
sécurité.
Les deux constructeurs automobiles avaient dit en octobre
qu'ils étudiaient un partenariat face aux défis technologiques
auxquels est confronté un secteur de l'automobile en pleine
phase de consolidation.
"Toyota et Suzuki ont convenu d'oeuvrer à la réalisation
anticipée d'un partenariat d'affaires", expliquent les deux
groupes japonais dans un communiqué commun.
Toyota, le deuxième constructeur automobile mondial,
investit massivement dans la recherche et développement (R&D),
notamment sur les fonctions de conduite autonome et
d'intelligence artificielle en situation de mobilité.
De son côté Suzuki, spécialiste des voitures à petit prix,
recherchait depuis longtemps un partenaire de grande taille,
n'ayant pas la capacité financière d'être à la pointe de la R&D.
Un partenariat entre Toyota et Suzuki serait le dernier
mouvement en date d'une industrie dont la consolidation
s'accélère.
Nissan Motor 7201.T avait annoncé en mai la prise de
contrôle de fait de Mitsubishi Motors Corp (MMC) 7211.T par le
biais d'une opération de 2,2 milliards de dollars (1,9 milliard
d'euros).
Une association entre Suzuki et Volkswagen VOWG_p.DE
s'était au contraire achevée dans l'amertume en 2015, le
constructeur allemand accusant le japonais d'avoir violé leur
pacte en nouant un accord dans le diesel avec l'italien Fiat
Chrysler Automobiles FCHA.MI FCAU.N .
Suzuki, le quatrième constructeur automobile nippon, domine
le marché indien - où il est implanté depuis les années 1980 -
via sa participation majoritaire dans Maruti Suzuki India
MRTI.NS , qui vend la moitié à peu près des véhicules écoulés
en Inde. A l'inverse, Toyota, malgré tous ses efforts, a du mal
à percer dans un marché de l'automobile indien qui deviendrait
le troisième mondial d'ici 2020.
"Nous serions heureux de partager avec Toyota, s'il le
souhaite, les leçons que nous avons tirées de notre expérience
en Inde et dans les marchés émergents afin de faire (de ce
partenariat) une opération fructueuse pour les deux parties", a
déclaré le vice-président de Suzuki, Yasuhito Harayama.
Toyota vise en Inde un doublement de sa part de marché dans
les voitures de tourisme d'ici 2025, à 10%, et les voitures
d'entrée de gamme construites par l'affilié Daihatsu Motors,
seront essentielles dans la réalisation de cet objectif, a dit à
Reuters un responsable du constructeur. Toyota a décidé l'an
passé de racheter le solde de son affilié Daihatsu.
Fujio Ando, conseiller de Chibagin Securities, observait,
avant les annonces de ce jour, qu'à l'exception des voitures
compactes, il n'y avait que peu de redondances dans les gammes
des deux constructeurs. Il ajoutait que Suzuki achetait déjà à
Toyota des technologies hybrides.
"Une question que l'on peut se poser est dans quelle mesure
Toyota s'ouvrira à Suzuki compte tenu de ses relations avec
Daihatsu", a-t-il expliqué.
L'action Toyota a terminé en hausse de 0,7% en Bourse de
Tokyo, tandis que l'action Suzuki a perdu 0,5%. L'indice Nikkei
.N225 a fini en hausse de 0,31%.
Les deux constructeurs ont par ailleurs publié leurs
résultats trimestriels, Toyota ayant relevé sa prévision de
bénéfice annuel à cette occasion.
(Wilfrid Exbrayat et Juliette Rouillon pour le service
français)