Tour de France, Roland-Garros, football... : les investisseurs étrangers friands de sport français information fournie par Boursorama avec Media Services 28/05/2026 à 13:11
Le marché français présente plusieurs centres d'intérêt pour des investisseurs américains : il est plus abordable, avec un potentiel de croissance et un retour sur investissement plus élevé, selon des experts.
Le "rayonnement" et le "savoir-faire" français dans le domaine du sport attirent de plus en plus les investisseurs étrangers, notamment américains, qui y voient un marché au fort potentiel de croissance.
"On a multiplié le nombre de 'deals' dans le secteur par huit en cinq ans, six ans. C'est significatif", souligne auprès de l' AFP Arnaud Caudoux, directeur général adjoint de Bpifrance, la banque publique d'investissement. Du Tour de France à Roland-Garros, les investisseurs étrangers, "essentiellement américains", "voient le rayonnement français et il y a une vraie reconnaissance du savoir-faire en la matière qui a explosé avec les JO-2024. C'est un secteur dans lequel on peut investir des capitaux en ayant des perspectives de revenus et de cash flow (trésorerie, NDLR) significatifs", résume-t-il.
Et au-delà des clubs de foot, le sport est désormais vu "comme une chaîne de valeur à part entière" entre les équipementiers, l'événementiel, les infrastructures ou encore la tech et ses start-up. Le club, "c'est vraiment la petite partie émergée de l'iceberg. On sait que c'est très difficile à rentabiliser, c'est ce qu'il y a de plus compliqué en termes de création de valeur dans la durée", ajoute Arnaud Caudoux.
Deals en France et en Europe
Il figure parmi la centaine d'intervenants d'un nouveau rendez-vous professionnel premium dédié au sport business, SportGen Summit, organisé mercredi et jeudi à Paris en marge de Roland-Garros, auquel se sont inscrits plus de 1.200 participants, dont 45% d'étrangers : représentants de ligues de football, de fédérations sportives, de clubs, de marques ou encore de fonds d'investissements. "Des acteurs nous ont dit venir spécifiquement à l'événement parce qu'ils regardaient des 'deals' actuellement en cours, en France et en Europe, et qu'ils voulaient se connecter, finaliser des discussions, dans le foot ou le basket", met en avant Paul Perrin, un des deux fondateurs du SportGen Summit.
Ce rassemblement est l'un des rares en France dédiés uniquement au sport business, avec notamment Sport Définition, organisé par Bpifrance et dont la troisième édition se tiendra le 1er juillet. "Le sport français attire déjà les fonds étrangers, mais il y a un vrai besoin d'aller encore plus loin", met en avant Aurélie Dyèvre, directrice générale de Sporsora, organisation réunissant des acteurs de l'économie du sport.
"Marché plus abordable"
Elle souligne que 11 des 18 clubs de l'élite du football français sont détenus par des fonds étrangers , et cite en exemple "la prise de contrôle totale en début d'année du FC Lorient par le fonds américain Black Knight". Au niveau des infrastructures, elle rappelle aussi l'accord scellé en janvier par le géant américain Live Nation pour racheter la Paris La Défense Arena.
"Avant, c'était du sport business, maintenant c'est du business dans le sport", estime Clément Delaruelle, avocat au cabinet Ropes & Gray, également présent au SportGen Summit.
"Initialement, les investisseurs étaient des fonds spécialisés 100% sport. Mais depuis deux-trois ans, beaucoup de grands fonds institutionnels, qui ont commencé à investir dans le sport aux États-Unis, veulent aussi le faire en Europe. Et ils rachètent même des sociétés d'investissements déjà spécialisées dans le sport, comme l'a fait KKR avec Arctos, pour être immédiatement opérationnels sur le marché", détaille-t-il. En février, le fonds d'investissement américain KKR a ainsi racheté pour 1,4 milliard de dollars Arctos Partners, qui possède des parts dans de nombreux clubs et structures, dont le Paris SG à hauteur de 12,5%.
"Le marché français, pour des investisseurs américains, a plusieurs centres d'intérêt: les franchises US sont à des prix très élevés, donc ils voient le marché français comme un marché plus abordable, avec un potentiel de croissance et un retour sur investissement plus élevé . Cela leur permet aussi de sortir du modèle traditionnel de franchise, de ligue fermée, qu'ils ont aux US", ajoute Clément Delaruelle.