TotalEnergies répond à Lecornu : "Nous redistribuons nos profits" via le plafonnement des carburants
information fournie par Boursorama avec Media Services 29/04/2026 à 18:13

Accusé par la gauche de "profiter de la guerre" au Moyen-Orient pour faire exploser ses bénéfices, le géant français de l'énergie fait valoir sa politique de plafonnement des prix à la pompe. Il adresse aussi une réponse à Matignon, qui lui demande "redistribuer d'une manière ou d'une autre".

Patrick Pouyanné, à Houston, le 23 mars 2026 ( AFP / RONALDO SCHEMIDT )

"C’est comme cela que nous redistribuons nos profits". En pleine lumière suite à des résultats retentissants au premier trimestre, TotalEnergies a répondu aux appels du Premier ministre Sebastien Lecornu à "redistribuer" ses éventuels profits exceptionnels, mettant en avant le plafonnement du prix des carburants, que la compagnie dit vouloir poursuivre.

La multinationale a adressé sa réponse dans une déclaration transmise à l'AFP, en soulignant avoir mis en place "sans attendre qu'on nous le demande une politique de plafonnement des carburants dont les Français bénéficient" depuis février 2023.

TotalEnergies a présenté des résultats trimestriels en forte hausse, dopés par la hausse du prix des hydrocarbures liée à la guerre au Moyen-Orient, qui ravive le débat sur la taxation des superprofits pétroliers, comme en 2022 dans la foulée de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

"S'il y a des résultats exceptionnels, ça pose la question d'une redistribution", a déclaré le Premier ministre, qui était interrogé au Sénat par le président du groupe socialiste Patrick Kanner. "Il faut bien que TotalEnergies se positionne d'une manière ou d'une autre sur une manière de redistribuer (...)", a ajouté le chef du gouvernement.

TotalEnergies met en avant sa contribution aux finances publiques

Du côté de la multinationale, on répond que "les bons résultats de TotalEnergies servent à financer le plafonnement des carburants en France" dans ses stations-services, mais aussi à "financer" ses investissements "pour développer l’entreprise, notamment avec la transition énergétique", et "à payer des impôts et contribuer aux finances publiques", à hauteur de 16 milliards d'euros en 2025 "en impôts et taxes dans le monde", dont 2 milliards en France. Le groupe indique aussi que, si ses profits servent à payer des dividendes, 80% de ses quelque 35.000 salariés en France en bénéficient en tant qu'actionnaires de l'entreprise.