TotalEnergies publie un bénéfice net record, porté par l'envolée des prix des hydrocarbures information fournie par Boursorama avec AFP 29/10/2026 à 12:06
Après un début d'année déjà euphorique, le géant français TotalEnergies affiche un bénéfice net record de 8,3 milliards de dollars pour le troisième trimestre grâce à l'envolée du cours des hydrocarbures, dont bénéficient aussi ses concurrents internationaux.
La multinationale fait plus que doubler sur un an son bénéfice net, qui atteignait 3,7 milliards de dollars au troisième trimestre 2025.
Elle dépasse aussi largement ses résultats exceptionnels des deux premiers trimestres de 2026, qui reflétaient déjà la flambée des prix des hydrocarbures depuis le début du conflit au Moyen-Orient, amenant associations et partis politiques à appeler à taxer les "superprofits".
Comme les pétroliers européens Shell et Repsol, qui annonçaient également leurs résultats jeudi, TotalEnergies a été porté entre juillet et septembre par une performance historique sur son activité Raffinage-Chimie, à 3,5 milliards de dollars, contre 687 millions un an plus tôt.
La forte tension sur le marché du gazole, provoquée par les frappes sur les installations énergétiques et les raffineries en Ukraine, en Russie et au Moyen-Orient, a provoqué une envolée des prix du carburant le plus consommé en France, et donc des marges de raffinage, qui reflètent l'écart de prix entre pétrole brut et raffiné.
L'espagnol Repsol, dont l'activité est très dépendante du raffinage, a ainsi affiché un bénéfice net quadruplé sur les neuf premiers mois de l'année, dont plus de la moitié a été réalisé rien que sur le 3e trimestre.
Le géant britannique Shell a lui annoncé une hausse de son bénéfice net équivalente à celle de TotalEnergies (+126,6 % sur un an), à 12,1 milliards de dollars.
TotalEnergies réalise par ailleurs de très bons résultats sur sa branche Gaz naturel liquéfié (GNL), avec un doublement de son résultat opérationnel net ajusté sur un an, grâce à la hausse des prix de vente du GNL et à la "surperformance des activités de négoce", d'après son communiqué.
Mercredi, le gaz européen a dépassé les 100 euros le mégawattheure pour la première fois depuis quatre ans, conséquence des difficultés de transit des cargaisons de GNL provenant du Moyen-Orient et de stocks européens plus bas que l'an dernier à la même période.
La production de pétrole et gaz du groupe, indicateur important, est par contre en légère baisse sur un an (-1 %). Elle serait en hausse de "plus de 4 % sur un an" hors impact du conflit au Moyen-Orient, indique le groupe.
Vers 10H30 heure de Paris, le titre TotalEnergies prenait 1,40 % à 84,77 euros, dans un indice CAC 40 en hausse.
"Indécent"
Le gouvernement a salué ces résultats jeudi matin, rappelant "la chance d'avoir un grand major pétrolier dans une crise telle que celle que l'on traverse, notamment pour pallier à des risques d'approvisionnement", selon la ministre de l’Énergie et porte-parole du gouvernement Maud Bregeon jeudi matin sur BFMTV/RMC.
Elle demande toutefois au groupe d'être "exemplaire" et de "répercuter à la baisse l'avantage" du déstockage du diesel à moindre coût par le gouvernement, qui souhaite faire baisser le prix à la pompe de ce carburant le plus utilisé par les Français.
Le gouvernement a publié jeudi un arrêté obligeant les distributeurs de carburant à indiquer "de manière claire par un affichage visible" le montant de la baisse de prix du gazole consécutive au déstockage, alors qu'il s'achète à plus de 2,38 euros le litre, selon une moyenne calculée par l'AFP.
"Je crois qu'on aurait tort de sombrer dans le Total bashing", a ajouté Maud Bregeon, qui remercie le groupe de plafonner depuis plusieurs mois les prix dans ses stations-services à 2,25 euros le litre de gazole.
En parallèle de la publication des résultats, plusieurs ONG, dont 350.org, Action Justice Climat Paris et Attac France, se sont réunies pour demander la taxation des "superprofits et profits des entreprises fossiles pour financer les services publics, la transition écologique et le soutien aux ménages".
"Alors que les député·es ont rejeté hier les amendements visant à taxer les profits fossiles dans le budget 2027, TotalEnergies affiche aujourd'hui des bénéfices indécents", ont-elles déploré jeudi dans un communiqué.
Le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné répète lui régulièrement le coût du plafonnement pour son groupe, à 500 millions d'euros selon lui, et prévient : en cas de surtaxation sur les bénéfices du groupe, "le plafond va s'arrêter".