* Premier bénéfice net annuel prévu en 4 ans
* Le nouveau PDG vient de CVC Capital
* Hors mémoires, le bénéfice d'exploitation annuel serait
nul
par Makiko Yamazaki
TOKYO, 14 février (Reuters) - Toshiba 6502.T a nommé un
transfuge d'une de ses banques au poste de PDG et prévoit de
dégager son premier bénéfice annuel net depuis quatre ans, grâce
notamment à sa division semi-conducteurs désormais en vente.
Nobuaki Kurumatani, 60 ans, ancien vice-président de
Sumitomo Mitsui Financial Group 8316.T et président de la
branche japonaise du fonds d'investissement CVC Capital Partners
CVC.UL , prendra ses nouvelles fonctions le 1er avril.
Il sera responsable des décisions stratégiques à très long
terme et des relations avec l'extérieur et devra notamment
assurer en douceur la vente de Toshiba Memory.
Le deuxième producteur mondial de mémoires Nand, derrière
Samsung Electronics 005930.KS , a annoncé en septembre avoir
signé un accord de 2.000 milliards de yens (15,6 milliards
d'euros) en vue de céder sa division à un consortium emmené par
le fonds d'investissement Bain Capital au terme de tractations
aux multiples rebondissements.
Cette cession, qui n'est pas du goût de certains
actionnaires, doit lui permettre de couvrir les dettes évaluées
à plusieurs milliards de dollars de sa filiale nucléaire
américaine Westinghouse, qui est en dépôt de bilan.
Celle-ci a passé un accord aves ses créanciers qui lui
permettra de sortir de cette situation, ont dit le mois dernier
trois sources à Reuters.
La division mémoires, dont Toshiba doit conserver 40% des
parts, est également le principal contributeur au bénéfice du
conglomérat, dont l'amélioration des finances et la première
priorité avouée de Nobuaki Kurumatani.
"Il faut d'abord redresser rapidement le capital et revenir
dans la compétition mondiale", a-t-il déclaré lors d'une
conférence de presse.
Kurumatani, qui passe pour avoir de bonnes relations avec
les responsables politiques et les bureaucrates, a participé à
l'élaboration du plan de sauvetage public de Tokyo Electric
Power 9501.T , à la suite du séisme et du tsunami de Fukushima
en mars 2011.
"Sa nomination est motivée par les actionnaires activistes
car il n'y a personne chez Toshiba disposant de l'expérience
nécessaire pour traiter avec eux", a déclaré une source
financière proche du dossier.
PRÉVISION DE BÉNÉFICE DE Y520 MDS
L'actuel directeur général, Satoshi Tsunakawa, deviendra
directeur général délégué et sera responsable de la gestion au
jour le jour. Il a réaffirmé que la vente du pôle mémoires
restait d'actualité.
Toshiba prévoit désormais un bénéfice net record de 520
milliards de yens (3,9 milliards d'euros) sur l'exercice annuel
s'achevant au 31 mars, contre une prévision de perte nette de
110 milliards de yens auparavant.
Cette nouvelle prévision de bénéfice, portée par le pôle
mémoires et par l'évolution du dossier Westinghouse, est
nettement supérieure au consensus qui est de 188 milliards de
yens.
Les mémoires devraient dégager un bénéfice d'exploitation
annuel de l'ordre de 450 milliards de yens. Sans cela, Toshiba
serait susceptible de réaliser un résultat opérationnel nul.
Le retour au bénéfice, conjugué à une plus-value de 600
milliards de yens tirée d'une augmentation de capital réservée à
des investisseurs étrangers, permettra à Toshiba d'éviter de
comptabiliser pour une deuxième année consécutive un actif net
négatif, ce qui aurait pu avoir comme conséquence sa radiation
de la cote.
Ce faisant, céder le pôle mémoires d'ici la fin mars ne
s'impose plus comme une nécessité absolue, une échéance qui
passait de toute façon pour être difficile à respecter étant
donné que les autorités chinoises continuent d'examiner
l'opération.
Si la chose n'est pas faite d'ici là, Toshiba a encore la
ressource d'y renoncer, ont dit des sources.
Argyle Street Management, un fonds spéculatif basé à Hong
Kong avec 1,2 milliard de dollars (979 millions d'euros)
d'actifs sous gestion, s'est prononcé en décembre contre la
vente, du fait de l'augmentation de capital, et a prôné au
contraire une introduction en Bourse.
(Claude Chendjou pour le service français, édité par Wilfrid
Exbrayat)