Thyssenkrupp lesté au premier trimestre par les prix bas et une morne demande
information fournie par Boursorama avec AFP 12/02/2026 à 10:24

( AFP / INA FASSBENDER )

Le conglomérat industriel Thyssenkrupp a multiplié sa perte nette par sept sur un an au premier trimestre de son exercice décalé, plombé par la restructuration dans l'acier et par le recul des prix et de la demande, mais a néanmoins confirmé ses objectifs annuels.

D'octobre à décembre, la perte nette du groupe d'Essen s'est établie à 353 millions d'euros, contre 51 millions il y a un an, selon un communiqué paru jeudi.

Comme prévu, Thyssenkrupp a dû inscrire une charge de restructuration de 401 millions d'euros dans la branche acier, activité historique du conglomérat pas épargnée par la crise du secteur en Europe.

Sur l'année, "plusieurs centaines de millions d'euros" de provisions seront prévues pour redresser cette branche, a confirmé le directeur financier Axel Hamann lors d'une conférence de résultats.

Au premier trimestre, le chiffre d'affaires a chuté de 8% sur un an, à 7,2 milliards d'euros.

"La demande, notamment de l’industrie automobile, de la construction de machines et de l’acier, demeure très atone", a déclaré le patron Miguel Lopez devant les journalistes.

A cause d'achats exceptionnels l'an dernier dans sa branche navale TKMS, les commandes du groupe ont dégringolé de 38%, à 7,7 milliards d'euros.

Néanmoins, le bénéfice opérationnel (EBIT) ajusté a progressé de 10%, à 211 millions d'euros, signe que "nous avons nettement amélioré la rentabilité dans nos activités", ajoute M. Lopez.

Les investisseurs à la Bourse de Francfort semblent s'en contenter, le titre Thyssenkrupp grapillant 0,08% vers 08H45 GMT.

Après avoir dégagé un bénéfice net l'an dernier en grande partie grâce à des écritures comptables, le conglomérat a aussi confirmé jeudi s'attendre à replonger dans le rouge cette année, avec une perte nette comprise entre 400 et 800 millions d'euros.

Thyssenkrupp a néanmoins actualisé ses prévisions sectorielles de revenus jeudi, aggravées dans l'automobile, l'acier, et les technologies vertes, mais améliorées dans les matériaux et la branche navale.

TKMS, bon élève du groupe appelé à jouer un rôle clé dans le réarmement européen et récemment introduit avec succès en Bourse, devrait ainsi voir ses revenus grimper de 2 à 5%, contre une fourchette de 1 à 2% estimée auparavant.

Pas de quoi éponger la performance dramatique de la branche acier, dont les revenus se sont effondrés de 11% au premier trimestre, légèrement en dessous de 2 milliards d'euros, à cause des prix bas.

Le groupe prévoit d'y supprimer plus d'un emploi sur trois et de réduire nettement sa production d'ici 2030.

La branche sidérurgique suscite actuellement l'intérêt du groupe indien Jindal Steel, qui promet de mener à bien la transformation verte sur le site de Duisbourg. Les discussions avec l'industriel sont "constructives", a indiqué sobrement M. Lopez.