* Signature du protocole d'accord
* Synergies annuelles de 400-600 mlns attendues
* Jusqu'à 4.000 suppressions d'emplois
* Hausse de l'action ThyssenKrupp
(Actualisé avec des précisions, réactions, cours de Bourse)
par Christoph Steitz
FRANCFORT, 20 septembre (Reuters) - Thyssenkrupp TKAG.DE
et son concurrent indien Tata Steel TISC.NS ont signé mercredi
un protocole d'accord en vue d'une fusion de leurs opérations en
Europe dans une coentreprise à parité, qui deviendrait le numéro
deux de la sidérurgie du Vieux Continent derrière ArcelorMittal
MT.AS .
Les sidérurgistes ont expliqué que cette fusion s'imposait
dans un contexte de surcapacité d'un marché européen exposé aux
importations à bas prix de Chine et d'ailleurs, à une demande
médiocre du secteur du BTP et à des sites devenus inefficaces.
Tata Steel a conclu le mois dernier un accord majeur qui lui
permettra de réduire son poste retraites de 15 milliards de
livres (17 milliards d'euros), une question qui a longtemps été
considérée comme la principale pierre d'achoppement de
discussions qui ont duré plus d'un an et demi.
Le protocole d'accord, largement attendu après les
déclarations faites par Thyssenkrupp la semaine dernière selon
lesquelles un accord pourrait être conclu ce mois-ci, prévoit
des synergies de 400 à 600 millions d'euros par an et jusqu'à
4.000 suppressions de postes, soit 8% environ de l'ensemble des
effectifs.
Le puissant syndicat allemand IG Metall de la sidérurgie et
de la métallurgie a exigé des garanties sur l'emploi en échange
de son approbation.
Le gouvernement et les syndicats britanniques ont salué ce
rapprochement mais ils veulent eux aussi des garanties sur
l'emploi et des engagements vis-à-vis des opérations au
Pays-de-Galles.
"Dans le cadre de la coentreprise prévue, nous offrons aux
activités européennes de Thyssenkrupp et de Tata un avenir
durable", a déclaré Heinrich Hiesinger, président du directoire
de Thyssenkrupp.
"Nous abordons les défis structurels de l'industrie
sidérurgique européenne et créons un solide numéro 2".
Le siège social du nouvel ensemble, baptisé Thyssenkrupp
Tata Steel, sera situé à Amsterdam ou dans les environs, a
précisé Thyssenkrupp dans un communiqué publié mercredi après la
signature du protocole d'accord.
"Excellente nouvelle", a réagi le Premier ministre
néerlandais Mark Rutte.
Des négociations se tiendront à présent pour peaufiner
l'accord et chacun des partenaires pourra consulter les livres
de comptes de l'autre avant la signature du contrat définitif de
la coentreprise attendue au début de 2018, a précisé
Thyssenkrupp.
L'accord de fusion doit être approuvé par le conseil de
surveillance de Thyssenkrupp et par le conseil d'administration
de Tata Steel ainsi que par la Commission européenne.
Le groupe industriel allemand avait envisagé au départ
différentes options, y compris un démantèlement, avant de
pencher pour la solution de la coentreprise.
"Avant de décider d'une coentreprise, le directoire de
Thyssenkrupp a examiné et travaillé sur toutes les options
disponibles: un partenariat avec un groupe allemand, une
scission, une introduction en Bourse, la cession de la division
sidérurgique, voire même un démantèlement de la société en son
entier", peut-on lire sur son site internet.
"La coentreprise avec Tata est la seule option qui assure à
nos activités sidérurgiques un avenir viable à long terme".
L'action ThyssenKrupp gagne 3,6% en Bourse de Francfort vers
8h45 GMT, l'une des plus fortes hausses de l'indice Stoxx 600
.STOXX . Au même moment, Tata Steel prend 1,11% en Bourse de
Bombay.
(Christoph Steitz, Claude Chendjou pour le service français,
édité par Wilfrid Exbrayat)