Terres rares-Le G7 discute de moyens de réduire sa dépendance à l'égard de la Chine
information fournie par Reuters 13/01/2026 à 04:32

par Maria Martinez et Kanishka Singh

Les ministres des Finances du G7 et des représentants d'autres économies majeures se sont réunis lundi à Washington pour discuter de moyens pour réduire leur dépendance à l'égard de la Chine pour les terres rares, évoquant notamment des partenariats pour mettre en place de nouvelles voies d'approvisionnement.

Organisée à l'initiative du secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, la réunion a rassemblé les ministres des Finances des autres pays du G7 - Japon, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie et Canada - de même que des représentants d'Australie, Mexique, Corée du Sud et Inde.

Des dirigeants de banques ont aussi participé aux discussions, à l'issue desquelles aucun communiqué commun n'a été publié.

Le département américain du Trésor a déclaré que Scott Bessent avait pour objectif de "discuter de solutions pour sécuriser et diversifier les chaînes d'approvisionnement pour les minerais essentiels, en particulier les terres rares".

Il a exprimé son optimisme sur la perspective que les pays impliqués dans les discussions oeuvrent pour réduire "prudemment" les risques plutôt que d'opérer un "découplage" avec la Chine.

En amont de la réunion, un représentant américain a déclaré que Scott Bessent allait exhorter les ministres à accélérer leurs efforts pour réduire leur dépendance envers la Chine s'agissant des terres rares, d'autant plus que Pékin a mis en place de stricts contrôles sur ses exportations en la matière - le plus récemment en restreignant ses livraisons vers le Japon.

S'exprimant lundi soir devant les journalistes, la ministre japonaise des Finances a déclaré qu'il y avait un "large consensus sur la nécessité de réduire rapidement la dépendance envers la Chine pour les terres rares".

Satsuki Katayama a dit avoir détaillé à cette fin de possibles politiques à court, moyen et long-terme pour les pays du G7 et d'autres pays ayant les mêmes objectifs.

"Cela comprend la création de marchés basés sur des normes qui respectent les conditions de travail et les droits humains, ainsi que le déploiement d'un éventail d'outils politiques - soutien de la part d'institutions financières publiques, avantages financiers, mesures commerciales et douanières (...)", a-t-elle rapporté, ajoutant avoir "souligné l'importance de s'engager à de telles mesures".

Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès de l'ambassade de Chine à Washington.

Ensemble, l'Union européenne et les pays ayant participé à la réunion représentent 60% de la demande mondiale en minerais essentiels. La Chine domine les chaînes d'approvisionnement, puisqu'elle raffine selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE) entre 47% et 87% de la production mondiale de cuivre, lithium, cobalt, graphite et terres rares.

Le ministre allemand des Finances a déclaré que les discussions de lundi ont porté notamment sur un potentiel prix plancher pour les terres rares ainsi que sur des partenariats destinés à favoriser leur approvisionnement. Lars Klingbeil a toutefois noté que les discussions en étaient aux prémices, avec nombre de questions encore à régler.

Il a également prévenu contre une quelconque coalition anti-Chine, soulignant que l'Europe avait besoin de s'activer pour développer elle-même des chaînes d'approvisionnement en matières premières.

(Kanishka Singh et Maria Martinez, avec Makiko Yamazaki à Tokyo; version française Jean Terzian)