(Complété avec précisions, citations, contexte)
par Pamela Barbaglia, Kane Wu et Gwénaëlle Barzic
LONDRES/HONG KONG/PARIS, 18 décembre (Reuters) - Tencent
Holdings 0070.HK s'est tourné vers plusieurs fonds souverains,
notamment le singapourien GIC, pour tenter de sauver son projet
d'entrée au capital d'Universal Music Group (UMG), filiale de
Vivendi VIV.PA>, plusieurs fonds de capital-investissement ayant
quitté la table des négociations, ont dit des sources à Reuters.
Vivendi a annoncé en août l'ouverture de négociations avec
Tencent pour céder au géant chinois de la technologie une
participation de 10% au capital d'UMG, sur la base d'une
valorisation de 30 milliards d'euros du numéro un mondial du
marché de la musique, avec des artistes comme Lady Gaga, Taylor
Swift, Drake et Kendrick Lamar.
Avec cette vente, le groupe français contrôlé par Vincent
Bolloré espère récolter les fruits de la demande croissante à
travers le monde pour la musique en ligne, par abonnement ou
avec publicité, qui a gonflé les bénéfices d'UMG depuis quatre
ans.
L'accord envisagé avec Vivendi accorde à Tencent une option
valable un an pour acquérir 10% supplémentaires d'UMG.
Au cours des six derniers mois, Tencent a cependant eu du
mal à lever les fonds lui permettant de financer cette
opération, faisant ainsi naître des doutes sur l'issue des
discussions engagées avec Vivendi, ont dit les sources.
Les fonds de capital-investissement KKR KKR.N et Hellman &
Friedman ont ainsi renoncé à s'associer à Tencent, contraignant
le groupe chinois à se tourner vers des fonds souverains pour
tenter de les convaincre de se joindre à un consortium, ont dit
les sources.
"Cela a été une recherche incessante", a dit l'une des
sources. "La plupart des investisseurs n'étaient pas à l'aise
avec la valorisation de 30 milliards d'euros réclamée par
Vivendi."
KKR et Hellman & Friedman réclamaient aussi tous deux une
prise de participation plus importante dans UMG, de l'ordre de
30%, et un plus grand contrôle sur la gouvernance du label, un
point sur lequel Vivendi s'est montré réticent, ont dit les
sources.
Le dernier projet à l'étude, toujours en cours de
négociation avec Vivendi, verrait ainsi Tencent prendre une
participation de 20% à 30% dans UMG via un consortium
d'investisseurs publics qui apporteraient les financements
nécessaires, ont dit deux sources.
Les discussions entre Tencent et ces fonds souverains se
sont intensifiées ces dernières semaines et tous ces
interlocuteurs travaillent d'arrache-pied pour tenter de
finaliser un accord avant la fin de l'année, ont dit les
sources.
La signature pourrait toutefois devoir attendre début
janvier, selon l'une des sources, car la nécessité pour les
membres du consortium d'obtenir l'aval de leurs gouvernements
respectifs risque de prolonger la procédure.
Vivendi, Tencent, GIC et KKR ont refusé de s'exprimer sur le
sujet. Il n'a pas été possible de joindre Hellman & Friedman
dans l'immédiat.
(version française Bertrand Boucey, édité par Marc Angrand)