WASHINGTON, 29 janvier (Reuters) - Les conseillers de Donald
Trump en matière de sécurité nationale songent à ce que l'Etat
fédéral se charge lui-même de déployer un réseau de téléphonie
mobile de nouvelle génération, la 5G, aux Etats-Unis, a-t-on
appris auprès d'un responsable de l'administration américaine.
Cette information, dont le site Axios.com a le premier fait
état, contribue à faire baisser les opérateurs télécoms ce lundi
en Bourse de New York, où AT&T T.N , Verizon VZ.N , Sprint
S.N et T-Mobile US TMUS.O perdent entre 1% et 1,6% après
environ une heure de cotation.
En Europe, les titres des équipementiers de réseaux Nokia
NOKIA.HE et Ericsson ERICb.ST progressent en revanche de
3,7% et 1,85%.
Cette piste n'a pour l'instant été envisagée qu'aux échelons
inférieurs de l'administration et le président américain ne
l'examinera pas personnellement avant six à huit mois, a dit le
responsable.
Elle s'inscrit dans le cadre d'une réflexion plus globale
sur les moyens de contrer la menace d'un espionnage des
communications aux Etats-Unis par la Chine.
Le président de la FCC, l'autorité des communications aux
Etats-Unis, a d'ores et déjà prévenu qu'il s'y opposerait.
"Tout initiative fédérale visant à construire un réseau 5G
nationalisé détournerait l'attention de manière coûteuse et
contre-productive des politiques dont nous avons besoin pour
aider les Etats-Unis à gagner l'avenir de la 5G", a dit Ajit Pai
dans un communiqué.
Les grands opérateurs ont déjà investi des milliards de
dollars pour acheter les fréquences nécessaires au déploiement
de leurs propres réseaux 5G, pour lequel ils investiront encore
jusqu'à 275 milliards de dollars (222 milliards d'euros) au
cours des sept prochaines années aux Etats-Unis, selon une
estimation d'Accenture.
D'après Axios, si l'Etat fédéral décidait de construire
lui-même ce réseau, il en louerait ensuite l'accès aux
opérateurs.
Pour le cabinet New Street Research, il s'agirait
"potentiellement de la plus importante initiative
gouvernementale affectant les valeurs boursières de notre
secteur depuis le Telecom Reform Act de 1996".
Son analyste Blair Levin juge que "l'existence de ce projet
signifie que tous les investissements des fournisseurs d'accès
internet existants seraient un pari sur la réussite ou non de ce
projet et ses modalités". Il ajoute néanmoins que ses effets "se
feront ressentir sur une longue période et le marché procédera à
un certain nombre d'ajustements à mesure qu'il réévaluera les
probabilités de réussite de cet effort".
(Steve Holland et Pete Schroeder, avec David Shepardson et
Sinead Carew; Bertrand Boucey pour le service français, édité
par Véronique Tison)