Taux : une embellie précaire s'est amorcée en matinée
information fournie par Zonebourse 18/05/2026 à 18:49

La semaine débutait bien mal ce lundi matin, avec des rendements obligataires franchissant de nouveaux records de 15 ans, 17 ans et même 30 ans au Japon. Le prix du baril alimentait ce matin toutes les craintes inflationnistes qui avaient plombé l'obligataire la semaine passée et l'espoir des détenteurs de bons du Trésor résidait dans un "communiqué" provoquant une baisse du prix du "brut" avant la réouverture des marchés US pour la cession officielle.

Et pour une fois, le salut n'est pas venu de la Maison Blanche dévoilant des éléments "rassurants" concernant une réouverture d'Ormuz via Axios (annonces de négociations "fructueuses" systématiquement démentis) mais de l'agence iranienne Tasnim faisant état d'une proposition américaine de levée partielle des sanctions et de l'autorisation de réexporter du pétrole "officiellement".

Aucune mention de cette offre dans le plan en 14 points présenté ce weekend par les Etats Unis : il semblait même avoir pour vocation de susciter un rejet massif de la part de Téhéran.

Mais bien sûr, des négociations secrètes irano-américaines via le Pakistan pouvaient avoir eu lieu la nuit dernière, ce qui interdit de rejeter le communiqué iranien comme une "manoeuvre" pour gagner du temps.

"Nos préoccupations ont été transmises à la partie américaine", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, précisant que les échanges se poursuivaient avec les Etats-Unis".

Le rendement du "10 ans" US est retombé de 4,632% vers 4,595% et le "30 ans" de 5,153% ce matin vers 5,128%, soit exactement le même niveau que vendredi. Le "2 ans" se détend légèrement de 4,085% vers 4,075% après avoir culminé à 4,105%.

Voilà une embellie des plus fragiles car Donald Trump a de son côté accentué la pression sur Téhéran.

"Pour l'Iran, le temps presse, et ils feraient mieux de se bouger vite, ou il ne restera plus rien d'eux. Le temps est compté", a lancé le président américain sur Truth Social, où il a également diffusé des images générées par intelligence artificielle le mettant en scène en chef de guerre.

Lindsey Graham (chef des conservateurs au congrès) estime de son côté que la voie diplomatique est une impasse et qu'il est temps de négocier "avec des bombes".

Après cinq semaines de cessez-le-feu, l'incertitude demeure autour d'un éventuel accord de paix et de la réouverture du détroit d'Ormuz.

L'Europe veut croire qu'il existe un chemin vers un règlement du conflit et nos OAT qui ont testé la barre des 4,000% ce matin (3,999% exactement) se détendent ce soir de -1Pt vers 3,937%, les Bunds de -1Pt vers 3,144%... les BTP italiens semblent figés vers 3,942%... et repassent derrière nos OAT en terme de "popularité".

Au Royaume Unis, Keir Starmer aurait fait passer des messages auprès de ses proches indiquant qu'il démissionnerait "bientôt" et cette rumeur a fait retomber le rendement des "Gilts" de 5,1990% vers 5,064%, soit -11,3Pts par rapport à vendredi.

Les opérateurs vont focaliser leur attention sur les échos filtrant de la réunion des ministres des Finances du G7 ce lundi et mardi à Paris afin d'évaluer les conséquences économiques du conflit et du blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran. Vers 17h00, le WTI cédait 0,46% à 102,09 dollars.

Au chapitre des statistiques ce lundi, un chiffre mineur et sans aucun impact sur les T-Bonds : l'indice NAHB de confiance des constructeurs immobiliers est ressorti à 37 en mai, contre un consensus de 34, niveau anticipé inchangé par rapport à avril.

La fin de semaine sera marquée par la publication de l'indice de la Fed de Philadelphie, des indicateurs avancés du Conference Board ainsi que de l'indice de confiance des consommateurs de l'Université du Michigan.

L'arrivé de Kevin Warsh à la tête de la FED devrait être officielle d'ici la fin de la semaine : le contexte sur les taux US n'a jamais été aussi tendu depuis 15 ans.