Taux: une décrue spectaculaire sur des promesses de paix fragiles
information fournie par Zonebourse 08/04/2026 à 18:31

A l'image de l'euphorie boursière mondiale, les marchés obligataires passent en mode "FOMO" sur la base d'éléments très fragiles concernant le cessez-le-feu annoncé par un message de Donald Trump sur son propre réseau social, Truth Social, qu'il suspend les bombardements. Le Pakistan annonçait qu'un accord sur un cessez-le-feu était possible vu que les Etats Unis jugeaient le "plan en 10 points" iranien acceptable.

De son côté, le ministre des Affaires étrangères iranien publiant sur "X" que les forces armées iraniennes "faciliteront le passage du détroit d'Ormuz", ce qui était déjà le cas pour les navires acquittant le péage imposé par Téhéran... et point crucial, pas de cessez-le -feu si Israël poursuit ses opérations au Liban, ce qui est le cas... et ce mercredi 8 aurait la pire journée de bombardements depuis 1985.

Les Etats Unis suspendent les bombardements, Israël -qui n'a pas été associé aux pourparlers via le Pakistan- poursuit les siens, la guerre continue... mais pas pour les marchés qui se contentent de déclarations unilatérales, très courtes et très vagues, sans le moindre engagement bilatéral dans le cadre d'un accord sur les conditions à respecter.

Combien de violations d'un cessez-le-feu et de destructions de capacités énergétiques peuvent survenir d'ici 15 jours ?

Les marchés nous donnent déjà leur réponse : la guerre est finie, les retards de livraison en provenance du Golfe (diésel, kérosène, gaz, ammoniac, urée, etc.) auront un impact négligeable, on passe à autre chose.

Pourtant selon les projections de la Fed de Cleveland, l'inflation va passer de 2,50 à 3,7%, au moins provisoirement, et durablement si le baril se maintient au-dessus de 95$ (le prix moyen était inférieur à 80$ en 2025). Les anticipations sur la politique monétaire de la Fed se sont retournées à 180% : pas de hausse des taux mais au contraire une baisse d'ici fin 2026.

Les T-Bonds US effacent -5Pts sur le "30 ans" vers 4,871%, le "10 ans" -7Pts vers 4,272%, même écart sur le "2 ans" à 3,763%.

Les rendement obligataires se détendent massivement en Europe -plus dépendante des énergies carbonées importées- avec -13Pts sur le "Bund" à 2,953%, nos OAT (-11Pts à 3,5800%), -177,5Pts sur les BTP italiens vers 3,713%.

Les vedettes du jour sont les "Gilts" UK avec -20Pts à 4,7060%... et ils ont même inscrit 4,6800%.

Il y avait un chiffre US qui prend un relief tout particulier vu les circonstances : selon les données publiées par l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA), les stocks commerciaux de pétrole brut aux États-Unis ont augmenté de 3,1 millions de barils par rapport à la semaine précédente, alors qu'une baisse de 1 million d'unités était attendue. A 464,7 millions de barils, les stocks de brut américains sont environ 2% au-dessus de la moyenne des cinq dernières années pour cette période de l'année.

Les stocks d'essence ont diminué de 1,6 million de barils par rapport à la semaine précédente, mais restent 3% au-dessus de la moyenne quinquennale pour cette période. Les stocks d'essence finie ont augmenté, tandis que ceux des composants de mélange ont diminué.

L'EIA affirme que les raffineries US ont continué de fonctionner à 92% de leur capacité opérationnelle durant la semaine précédente et produisent à une allure similaire au précédent compte rendu