TAUX-UBS surpondère les emprunts d'Etat italiens à deux ans
information fournie par Reuters 03/10/2018 à 12:00

    PARIS, 3 octobre (Reuters) - UBS annonce mercredi
l'ouverture d'une position surpondérée sur les emprunts d'Etat
italiens à deux ans en soulignant que la hausse récente du
rendement de ces obligations offre des opportunités malgré des
risques bien présents.
    La banque suisse estime que la note souveraine de l'Italie
devrait être dégradée d'un cran mais pense que le pays devrait
conserver une notation en catégorie investissement pendant au
moins les 12 prochains mois.
    Il faudrait en effet que les agences de notation enlèvent
deux crans à la note italienne pour qu'elle passe en catégorie
spéculative.
    "Il y a très peu de chances, selon nous, que l'Italie fasse
défaut au cours des deux prochaines années", écrit dans une note
Mark Haefele, directeur des investissements chez UBS Global
Wealth Management. 
    "Reflétant les inquiétudes grandissantes suscitées par les
plans budgétaires expansionnistes du gouvernement italien et la
viabilité de la dette à long terme, le rendement des obligations
à deux ans a augmenté d'environ 50 points de base la semaine
dernière", explique Mark Haefele pour justifier la décision
d'UBS de passer à "surpondérer" sur ces obligations.
    Le gouvernement italien a dévoilé la semaine dernière un
objectif de déficit annuel à 2,4% de produit intérieur brut en
2019-2021, ce qui lui a valu les critiques de hauts responsables
de la zone euro et a eu pour effet de faire flamber les
rendements de la dette italienne pour toutes les maturités.
    La note d'UBS paraît alors que les taux italiens se
détendent sur des informations indiquant que le gouvernement
italien pourrait revoir à la baisse ses prévisions de déficit
pour 2020 et 2021, à 2,2% et 2,0% de PIB respectivement.
  
    Les rendements du deux ans  IT2YT=RR  et du 10 ans
 IT10YT=RR  perdent ainsi huit et trois points de base, à
respectivement 1,375% et 3,4%, vers 10h00 GMT. 
    Les taux italiens restent cependant sous tension avec la
perspective de négociations difficiles avec Bruxelles et de la
probable dégradation de la note souveraine du pays dans les
prochaines semaines.
    UBS dit préférer les taux courts en faisant valoir que leurs
rendements sont supérieurs d'environ 160 points de base à ceux
des obligations en euro à notation comparable, qui jouent, en
particulier dans le cas du Bund allemand, un rôle de valeur
refuge.
    "Nous pensons que les récentes ventes massives offrent aux
investisseurs une occasion intéressante d'acheter des
obligations italiennes à deux ans", explique Mark Haefele. "Nous
mettons toutefois en garde contre les obligations italiennes à
long terme et contre toute exposition concentrée sur ces
dernières."
    La position comporte des risques, reconnaît le stratège de
la banque suisse en évoquant notamment la possible montée des
tensions entre l'Italie et la Commission européenne ainsi que
les hypothèses d'une dissolution de la coalition au pouvoir ou
d'un départ du ministre des Finances, Giovanni Tria, qui milite
pour une certaine orthodoxie budgétaire.
    "Nous considérons que les risques valent la peine d'être
pris au vu de la performance potentielle", ajoute Mark Haefele.
    

 (Patrick Vignal, édité par Blandine Hénault)