Taux : nette détente en zone Euro avec une croissance en berne
information fournie par Zonebourse 22/05/2026 à 19:15

Kevin Warsh est officiellement le nouveau patron de la FED depuis 18H, il prêté serment en la présence de Donald Trump et Wall Street fête l'événement à sa façon une propulsant le Dow Jones vers un nouveau zénith de 50.750Pts.

La confiance s'affiche également tous azimuts avec un S&P 500 qui renoue avec les 7.500 et le Nasdaq Composite grimpe de 0,55% vers 26.450 : les principaux indices semblent ne chercher qu'un prétexte pour battre collectivement leurs records absolus d'ici 22H, à la veille d'un long weekend que tout le monde abordera dans la joie et la bonne humeur .

Le président des Etats-Unis, qui semble pour le moment reléguer au second plan le conflit en Iran vu sa discrétion à ce sujet sur les réseaux sociaux, s'est fendu d'un message laconique pour saluer le niveau des marchés américains : "New stock market record !".

Wall Street semble être sa principale boussole et sa devise est faire de l'argent à tout prix, peu importe le contexte.

Une façon de maintenir Wall Street en lévitation est de l'abreuver depuis 6 semaines de "messages" entretenant l'espoir que la paix revienne et que le détroit d'Ormuz soit réouvert de façon permanente.

Le Financial Times indique par exemple que Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine, a évoqué "de bons signes" quant à la conclusion d'un accord entre Téhéran et Washington.

En outre, selon Reuters, le Qatar aurait envoyé une équipe de négociateurs à Téhéran, en coordination avec les Etats-Unis pour tenter de sécuriser un accord.

Mais ces coups de pouce permanents à la bonne humeur de Wall Street ne fonctionnent pas sur les marchés de taux dont la morosité contraste furieusement avec l'euphorie dont témoignent les détenteurs d'actions : 8 semaines de hausse consécutives pour le "S&P", 8 semaines de baisse pour les T-Bonds (et de hausse symétrique des rendements).

Ces derniers bénéficient toutefois d'une petite embellie ce vendredi : -3Pts sur le "30 ans" à 5,081%, -1Pt sur le "10 ans" à 4,5800% (-1,5Pt hebdo)... mais le "2 ans" continue de se tendre fortement avec 5Pts à 4,315% (soit °4,5Pts en hebdo, cela démontre le renforcement des anticipations de hausses des taux).

La journée a été beaucoup plus positive en Europe avec un net repli des rendements obligataires, nos OAT à 10 ans effacent -7,5 points, à 3,813% (soit -15Pts hebdo), les Bunds -5,7Pts à 3,044%, les BTP italiens -8Pts à 3,783% (ils accentuent leur avance sur nos OAT).

Mais les raisons de cette embellie (3 jours sur 5) sont à rechercher du côté de la chute des "PMI" publiés en milieu de semaine et des révisions à la baisse des objectifs de croissance en zone Euro ( 0,9% au lieu de 1,1%), en France ( 0,7% au lieu de 0,9%) et en Allemagne (croissance revenue à zéro fin avril).

Du coup, les anticipations de hausse de taux en juin retombent avec une BCE qui ne voudrait pas prendre le risque d'aggraver une récession déjà menaçante pour contenir une inflation qui ne serait peut-être que "transitoire" (c'est le narratif "conte de fée").

Parmi les rares indicateurs du jour, les investisseurs ont pris connaissance de l'indice des indicateurs avancés du Conference Board. Au mois d'avril, il a progressé de 0,1%, alors que les analystes tablaient sur un repli de 0,1%.

Autre statistique, l'indice de confiance des consommateurs calculé par l'Université du Michigan s'est dégradé alors qu'il était attendu stable. Il est ainsi passé de 48,2 à 44,8 points, un nouveau plus bas historique. Pour Joanne Hsu, directrice de l'enquête : "le moral des consommateurs a reculé pour le troisième mois consécutif, alors que les perturbations de l'approvisionnement dans le détroit d'Ormuz continuent de faire grimper les prix de l'essence.

Le moral des ménages se situe désormais juste en dessous du précédent point bas historique observé en juin 2022.

Le coût de la vie reste une préoccupation majeure : 57 % des consommateurs ont spontanément indiqué que les prix élevés détérioraient leur situation financière personnelle, contre 50 % le mois dernier".

Enfin, rien à dire sur les "Gilts" britanniques (inchangés ce vendredi à 4,9050%) et journée sans relief sur l'obligataire au Japon avec un "10 ans" qui reste accroché à 2,76% (5,5Pts en hebdo, 30Pts depuis le 7, mai, 70Pts en 3 mois) et un "40 ans" qui culmine vers 4,20% (record absolu).