Taux : marchés hésitants avant discours K.Warsh, malgré hausse conso aux US information fournie par AOF 17/06/2026 à 18:49
(Zonebourse.com) - Les T-Bonds US font du "sur place" ce mercredi, le "2 ans" se dégradent de 3 points à 4,077% : les investisseurs prendront connaissance à 20h de la décision de politique monétaire de la Fed avec la première prestation de son président Kevin Warsh en conférence de presse. Sans surprise, la Banque centrale américaine devrait maintenir ses taux directeurs dans une fourchette de 3,50% à 3,75% à l'issue de sa réunion de deux jours.
Wall Street affiche un optimisme prudent, à 48h de la signature du "MOU" entre les Etats Unis et l'Iran ce vendredi en Suisse (NB, les marchés US seront fermés pour la célébration du Juneteenth's Day), malgré le net recul, du baril de WTI, jusque vers 76 dollars, au plus bas depuis le 2 mars, tarde à rassurer les détenteurs de dette US.
L'autre explication à la frilosité des acheteurs, ce sont les signes de résilience de l'économie US : les ventes au détail ont bondi de 0,9% le mois dernier aux États-Unis, presque 2 fois plus que le consensus de 0,5%, et après une hausse précédente de 0,4%, et par rapport à mai 2025, elles s'inscrivent en hausse de 6,9%.
Cette résilience s'explique pour les 10% de ménages les plus aisés qui représentent 50% de la consommation globale par une progression spectaculaire de leur patrimoine avec la hausse fulgurante des marchés actions depuis le 30 mars ( 20% pour le Nasdaq, doublement de valeur pour le "SOXX", c'est stratosphérique, et cela dope le "sentiment de richesse".
Les américains du "top-10" ne sont pas impactés par la nette remontée de l'inflation, leur patrimoine progressant 3 à 4 fois plus vite que l'indice des prix à la consommation (CPI), passé de 3,8% à 4,2%, au plus haut depuis trois ans.
Pour les ménages les plus modestes, ce sont surtout les dépenses dans les stations-service, gonflées par la flambée des prix du carburant, qui ont soutenu la consommation avec une hausse de 3,4% : sur 1 an, les dépenses en carburant grimpent de 26,5%, avec un prix du Gallon moyen proçhe de 4,30 USD.
Autre surprise, les achats de voitures ont bien résisté avec une hausse de 1,2% en dépit du renchérissement de l'essence.
Autre surprise du jour : malgré des taux hypothécaires qui se sont nettement renchéris depuis fin février, les promesses de ventes de logements ont fortement augmenté : 3,8%, pulvérisant le consensus de seulement 0,8% (les données du mois d'avril ont toutefois été révisées à la baisse de 1,4 à 0,3%).
Une fois encore, les ménages les plus riches se retrouvent beaucoup plus riches depuis le début de la guerre dans le Golfe Persique.
Les prix du pétrole ont connu une petite poussée de fièvre avec les données publiées par l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) qui montrent que les stocks de pétrole brut aux États-Unis ont chuté de -8,3 millions de barils à 418,2 millions de barils lors de la semaine se terminant le 12 juin.
Les marchés de taux européens se sont montrés peu volatiles, avec un Bund qui se détend de -1 point vers 2,929%, des OAT à -1 point également à 3,665%, les BTP, italiens effacent -1,5 point à 3,638%.
Côté Japon, la hausse du taux directeur à 1,00% a été bien digérée : la petite poussée de fièvre de la veille ( 9,5 points vers 2,635%) retombe un peu, avec une détente de -2,6 points vers 2,609% (et pas de nouveaux records sur les échéances longues).
La Fed en vedette
Ce mercredi, les investisseurs prendront connaissance de la décision de politique monétaire de la Fed avec les mots de son président Kevin Warsh en conférence de presse. Sans surprise, la Banque centrale américaine devrait maintenir ses taux directeurs dans une fourchette de 3,50% à 3,75% à l'issue de sa réunion de deux jours.
A ce sujet, Kevin Thozet, membre du comité d'investissement, Carmignac considère "qu'à ce stade, l'économie américaine ne présente guère les caractéristiques d'une économie nécessitant un assouplissement monétaire. Les indicateurs d'activité pointent vers une croissance du PIB proche de 3,3% pour le trimestre en cours, suggérant même une possible réaccélération de l'économie. Dans le même temps, l'inflation reste sensiblement supérieure à l'objectif de la banque centrale, à 4,2% sur un an pour l'indice global et 2,9% pour l'inflation sous-jacente. Cela fait désormais plus de cinq ans que l'inflation n'a pas atteint son niveau cible de 2% de la Fed".
"Nous anticipons une inflexion plus restrictive ( hawkish ) des projections économiques : quelques membres du comité pourraient désormais prévoir une hausse des taux d'ici la fin de l'année 2026, tandis que la projection médiane devrait continuer à indiquer une absence de changement. Le principal risque à surveiller est un décalage entre un comité qui s'oriente vers une position plus restrictive et un président dont les propres convictions sur l'inflation semblent plus constructives", estime de son côté Tiffany Wilding, économiste chez Pimco, au sujet de la politique monétaire de la Fed.
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