TAUX-Les rendements des OAT repartent en flèche après un répit de courte durée information fournie par Reuters 07/10/2026 à 13:10
Les rendements de la dette souveraine française grimpent à nouveau mercredi après une brève trêve la veille, dans un contexte d'incertitude quant au sort du budget 2027, dont l'examen parlementaire vient de débuter.
Le rendement de l'OAT à dix ans FR10YT=RR s'envole de 15,6 points de base pour s'établir à 4,9031% vers 10h45 GMT, effaçant
ainsi la baisse de plus de 11 pdb enregistrée la veille.
Les taux d'intérêt de la dette souveraine augmentent également en Allemagne, bien que dans une bien moindre mesure, ce qui contribue à un nouveau creusement de l'écart de rendement entre les titres à 10 ans des deux principales économies de la zone euro, qui s'établit à 139 pdb mercredi après être descendu la veille sous la barre des 130.
Ce "spread", qui sert à mesurer la prime de risque exigée par les investisseurs pour détenir des titres de dette français par rapport aux titres allemands, avait dépassé vendredi les 158 pdb, son plus haut niveau depuis fin 2011.
Les obligations d'Etat subissent une forte volatilité à l'échelle mondiale, avec des écarts très marqués entre les rendements des titres allemands, considérés comme les plus sûres dans la zone euro, et ceux des pays les plus endettés, comme l'Italie et la France.
Le rendement des emprunts d'Etat italien à dix ans
IT10YT=RR affiche quant à lui un gain de 15,4 points de base à 4,9031%. Le spread avec le Bund allemand s'amplifie à 114 pdb.
L'inflation et les craintes d'une politique plus restrictive de la part des banques centrales pour la freiner contribuent à exacerber le phénomène.
La France, dont le déficit élevé la place parmi les plus mauvais élèves de la zone euro, a entamé ce jeudi l'examen en commission de la partie relative aux recettes du projet de loi de finances (PLF) pour 2027, marquant ainsi le début d'un processus parlementaire qui s'annonce particulièrement mouvementé à l'approche de l'élection présidentielle de l'année prochaine.
"La situation est grave, mais nous pouvons agir en votant un budget et en nous engageant à ce que ce budget ne dépasse pas un déficit de 5%", a affirmé mercredi Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France, sur France Inter.
Il a toutefois réaffirmé que la situation ne nécessitait pas, pour l'instant, une intervention de la Banque centrale européenne (BCE), un message que le ministre français de l'Économie, Roland Lescure, a également relayé ces derniers jours.
Le marché obligataire est également tendu aux Etats-Unis, où le rendement de l'obligation à 30 ans US30YT=RR a atteint mercredi son plus haut niveau depuis 24 ans, à 5,7041%.
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten)