TAUX-Le rendement du Gilt à deux ans atteint un record de 15 ans information fournie par Reuters 06/07/2023 à 11:50
PARIS, 6 juillet (Reuters) - Le marché obligataire britannique continue de se repositionner face à une inflation domestique persistante et une Banque d'Angleterre (BoE) qui insiste sur la poursuite de son resserrement monétaire, portant les rendements des titres courts à des niveaux records.
Le taux des emprunts d'Etat britanniques à deux ans
GB2YT=RR grimpe jeudi de plus de huit points de base, à 5,46%, à son niveau le plus haut depuis la crise financière de 2008. Ce rendement évoluait autour de 3,5% début 2023.
Dans une interview accordée à la BBC jeudi, Andrew Bailey, le gouverneur de la BoE, a répété que la banque centrale devait agir immédiatement pour réduire l'inflation, sous peine de devoir relever les taux à des niveaux plus élevés.
L'inflation britannique a atteint 11,1% en octobre 2022, son plus haut niveau en 41 ans, et s'est maintenue à 8,7% en mai, plus du double de l'inflation américaine et bien supérieure à l'inflation en zone euro.
Le gouverneur a refusé de spéculer sur le moment où les taux directeurs pourraient baisser.
Les marchés monétaires n'anticipent pas de baisses de taux de la BoE avant mars 2024, le taux terminal devant atteindre 6,5%, 150 pb de plus que le taux actuel, selon l'outil BoE Watch.
"La réévaluation agressive des prévisions de hausse des taux de la BoE s'est poursuivie, et les ventes de Gilts débutées mi-mai se sont poursuivies en juillet", résume MUFG, qui estime toutefois que les rendements réagissent trop fortement à la hausse.
La remontée des rendements obligataires britanniques favorise l'appréciation de la livre GBP= , qui gagne jeudi 0,2% à 1,2725 dollar. La devise a grimpé de plus de 20% depuis son point bas atteint fin septembre, un rebond qui l'expose à des surprises négatives, selon des analystes.
"Les marchés restent très sensibles à toute évolution du côté des données sur les prix et les anticipations assez agressives d'un resserrement de la BoE (140 points de base d'ici janvier 2024) font peser le risque d'un recalibrage de ces anticipations et d'une baisse de la livre", commentent les stratégistes d'ING.
(Reportage Corentin Chappron, avec William Schomberg à Londres, Muvija M, Abinaya Vijayaraghavan à Bangalore, édité par Blandine Hénault)