TAUX-Le rendement de l'OAT à 10 ans atteint 5% pour la première fois depuis juillet 2002 (actualisé)
information fournie par Reuters 21/10/2026 à 12:23

(Actualisé avec détails)

Le rendement de l'obligation souveraine française à 10 ans FR10YT=RR a atteint mercredi le seuil psychologique de 5% pour la première fois depuis juillet 2002, ce qui constitue un nouveau signe de l'inquiétude des investisseurs quant à la capacité de la deuxième économie de la zone euro à réduire son déficit.

Le rendement de l'OAT à dix ans FR10YT=RR prend 8 points de base (pdb) pour s'établir à 4,9968% à 10h07 GMT, après avoir brièvement dépassé les 5% plus tôt en séance.

Ce rendement a pris environ 16 pdb depuis le début de la semaine, de loin de la plus forte progression parmi les obligations des principales économies mondiales, dont les rendements ont augmenté en moyenne d'un peu plus de 5 points de base, selon les données de LSEG.

Les craintes concernant le budget 2027, en plein examen parlementaire, ainsi que la polarisation des débats politiques à la suite des violences en marge des mobilisations du week-end dernier, ont de nouveau mis à rude épreuve le marché obligataire, déjà sous pression en raison de la flambée de l'inflation liée à la guerre au Moyen-Orient.

Bien que les tensions sur le marché obligataire soient généralisées, elles sont particulièrement intenses dans les pays les plus endettés, comme la France ou l'Italie ; le rendement des obligations de cette dernière IT10YT=RR prend plus de sept points de base mercredi, pour s'établir à 4,5962%.

En Allemagne, dont l'obligation à 10 ans sert de référence pour la zone euro, le rendement du Bund avance de près de trois points de base, à 3,4210%

Le "spread", c'est-à-dire l'écart de rendement entre les obligations d'État allemandes et françaises, a de nouveau frôlé mercredi les 160 points de base, évoluant à des niveaux qui n'ont plus été observés depuis fin 2011.

Le "spread" est un indicateur de la prime de risque exigée par les investisseurs pour détenir des titres de dette français par rapport à ceux de Berlin, considérés comme plus sûrs.

(Rédigé par Diana Mandiá, avec Dhara Ranasinghe et Gregor Stuart Hunter, édité par Benoit Van Overstraeten)