Taux : le 'NFP' est un non-événement, les rendements restent au zénith
information fournie par Zonebourse 04/09/2026 à 19:15

La publication des chiffres mensuels de l'emploi aux Etats-Unis était très attendue, les enjeux étaient élevés, la volatilité de la veille semblait annonciatrice d'une révision des stratégies en cas de "surprise". Il y a bien eu surprise, mais peu de réactions : encore un "non-événement" si l'on en juge par le peu d'écarts sur les principaux indices US, l'obligataire et le FOREX. Le "CPI" qui est maintenant "très attendu" la semaine prochaine fera-t-il enfin "bouger les lignes" ?

Pourtant les chiffres de créations d'emplois sont bien meilleurs que prévus et dissipent le doute sur l'imminence d'un tour de vis monétaire, Christophe Waller ayant la veille ranimé l'espoir d'un statu quo de la FED le 16 septembre... alors que l'inflation vient de passer la barre des 60 mois consécutifs à plus de 2%.

Le véritable "fait du jour", c'est le gallon de diesel qui bat son record absolu, au-delà des 5,65 USD sur le territoire américain, certaines chaines financières citent même un prix moyen de 5,8 USD, et cela va impacter le prix du fret routier, des productions céréalières, des aliments en général... mais Wall Street a montré hier que les investisseurs étaient prêts à s'accrocher à tout espoir que la FED "patiente" encore 6 semaines de plus.

Les investisseurs digèrent dans le calme les données du Département du Travail prennent à revers les récentes données témoignant d'un ralentissement de l'activité : pas moins de 162 000 emplois non agricoles ont été créés au mois d'août, près de 3 fois le consensus de 55 000 en moyenne.

De plus, les créations de postes pour les mois de juin et juillet ont été révisées à la hausse, passant respectivement de 20 000 à 31 000 et de -23 000 à 21 000, soit un solde de révision positif de 55 000 pour ces 2 mois, soit au total 217 000 emplois de plus que prévu en 3 mois.

Autre signe positif, le taux de chômage s'est maintenu, comme prévu, à 4,1% le mois dernier, avec une hausse du taux de participation à 61,6% qui prouve que l'économie reste en situation de plein emploi.

La réaction des bons du Trésor a été étrangement modeste : le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans reste figé autour de 4,765% (4,82% au plus haut vers 14H45, cela faisait 10Pts hebdo)), le "30 ans" efface -1,3Pt vers 5,2300% et le "2 ans", plus réactif aux anticipations de court terme ont grimpé de 4Pts vers 4,3700%, son plus haut niveau depuis janvier 2025 (on même vu un zénith de 4,404% en intraday).

Le consensus table de nouveau à 65% (comme lundi) sur une hausse lors de la réunion de la Fed des 15 et 16 septembre, contre environ 55% avant le rapport "NFP".

Il faudrait une rechute miracle l'indice des prix à la consommation (CPI) la semaine prochaine pour modifier un scénario qui semble inéluctable.

En Europe également, les investisseurs se préparent à une hausse de taux lors de la prochaine réunion de la BCE : c'est peut-être déjà "dans les cours" puisque le Bund efface -1,2Pt à 3,3400% ( 6,7Pts de base en hebdo), nos OAT -2Pts à 4,192% ( 6Pts en hebdo), les BTP italiens -3,5Pts à 4,148%.

Les "Gilts" britanniques semblent se caler sur le "10 ans" américain : il se figent vers 5,137%.

La meilleure performance du jour revient au "10 ans" japonais qui efface -4,3Pts alors que la BoJ s'emploie à faire remonter le Yen (155,85/USD) et rechuter le rendement du "10 ans" le plus loin possible sous les 3,00%.