Taux : la lourdeur l'emporte aux USA comme en Europe
information fournie par Zonebourse 30/01/2026 à 18:05

Les marchés de taux US réagissent en faisant la moue à la nomination officielle du successeur de Jerome Powell à la tête de la Fed.

Trump confirme que son choix définitif est Kevin Warsh, un nom qui circulait avec insistance depuis plusieurs mois et qui était anticipé par la plupart des analystes.
Bien sûr, ce "candidat" doit voir sa nomination confirmée par le Congrès : elle devrait être validée sans problème puisque les 2 chambres ont la majorité républicaine.
Wall Street aurait peut-être préféré Kevin Hasset, réputé favorable aux baisses agressives des taux : Kevin Warsh est plutôt assimilé au camp des faucons, c'est-à-dire qu'il fait partie de ceux qui privilégient la lutte contre l'inflation, même au détriment de la croissance.

Cette journée de vendredi a été ponctuée par la publication des prix à la production aux Etats-Unis : ils progressent plus vite que prévu, à 3% en "global" ( 0,3% par rapport à novembre) et 3,3% en données "coeur" (bien au-delà des 3% attendus).

Les T-Bonds se tendent de 2Pts vers 4,248/%, 3Pts sur le "30 ans" à 4,883%... c'est partiellement compensé par la détente du "2 ans" de -1,3Pt à 3,538%.

Quel calme au regard de la volatilité paroxystique sur les métaux précieux avec -12% en 24H sur l'Or (vers 5000$) et -20% sur l'argent (vers 99,5$).

En Europe, ce vendredi est l'occasion de découvrir les premières estimations de PIB en 2025 : pour l'Europe, la hausse globale est de 1,5% et c'est une moyenne entre la Pologne 3,6%, l'Espagne 2,8%, le Portugal 1,9% et les pays à faible croissance comme l'Allemagne avec 0,3%, l'Italie 0,7% et la France 0,9% (avec 0,2% au T4).

Une autre mauvaise nouvelle affecte l'Allemagne : le nombre de chômeurs passe la barre des 3 millions.

Enfin, l'inflation allemande a accéléré plus que prévu au mois de janvier ( 0,1Pt en séquentiel) pour revenir un peu au-dessus de l'objectif de 2% que s'est fixé la Banque centrale européenne (BCE), montrent des données préliminaires publiées ce jour, qui confirment cependant que les pressions inflationnistes restent bien maîtrisées de l'autre côté du Rhin.

Calculé selon les normes nationales, l'indice des prix à la consommation a augmenté de 2,1% sur un an ce mois-ci après avoir affiché un gain de 1,8% en décembre, a annoncé Destatis.
Les économistes s'attendaient à une accélération moins marquée de la statistique sur le mois qui s'achève, de l'ordre de 1,9% voire 2%.

Les chiffres de Destatis montrent, dans le détail, une accélération de la hausse des coûts dans l'alimentation, à 2,1% contre 0,8% en décembre, tandis que les prix de l'énergie ont accentué leur repli à -1,7% contre -1,3% le mois précédent, alors que ceux des services ont ralenti l'allure ( 3,2% contre 3,5% en décembre).

Les Bunds se tendent de 1,3Pt vers 2,844%, de même que nos OAT à 3,247%, les BTP italiens affichent 1,5Pt à 3,465%... même écart sur les "Gilts" qui finissent la semaine à 4,527%... sans changement par rapport à vendredi dernier.

L'attention des opérateurs se focalisera sur la BCE qui livrera ses analyses et prévisions pour 2026 jeudi prochain : avec une inflation toujours proche de son objectif des 2%, une économie qui affiche une croissance solide ( 1,5% en 2025) et un chômage revenu à des plus bas historiques, la BCE devrait vraisemblablement opter pour un nouveau maintien de ses taux jeudi, à l'issue de sa première réunion de l'année.