Taux : la FED diverge, la paix dans le Golfe se fragilise information fournie par AOF 21/05/2026 à 18:41
(Zonebourse.com) - Les marchés obligataires US ont déjà effacé une bonne partie des gains de la veille (ça reste très calme en Europe) alors que selon les "minutes" publiées la veille, la FED n'exclut pas de monter ses taux directeurs si l'inflation cessait d'apparaître "transitoire".
Des divergences de vues s'expriment également au sein de ses membres, ce n'est pas un signal positif pour les T-Bonds US : le "10 ans" se retend de 4Pts à 4,615%, le "30 ans" de 1,5Pts à 5,13% (le taux moyen des emprunts hypothécaires s'établit à 6,75%, les profils "moyens" (classement FICO) doivent supporter jusqu'à 7% d'intérêts.
Les "chiffres du jour" ne sont pas brillants, l'indice "Philly-FED" dévisse de 26,7 vers -0,4% à la surprise générale (le consensus était à 17,6) : ce recul provient d'une chute historiques des commandes avec un jauge passée de 33 à -1,7.
Pas de grosse variations sur l"'emploi : le Département du Travail des Etats-Unis indique avoir comptabilisé 209 000 nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage lors de la semaine du 13 mai, un chiffre en baisse de 3 000 par rapport au niveau de la semaine précédente.
Le facteur géopolitique reste stressant : Donald Trump a relaté que la situation avec Téhéran était "sur le fil", et elle pourrait tout aussi bien "déboucher sur un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient que sur une nouvelle vague de frappes contre l'Iran".
"Nous verrons bien ce qui va se passer. Soit nous parviendrons à un accord, soit nous prendrons des mesures un peu plus sévères. Mais j'espère que cela n'arrivera pas. Nous sommes tous prêts à agir. Il faut obtenir les bonnes réponses. Elles devront être entièrement, à 100%, satisfaisantes".
Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a, par ailleurs, accusé les États-Unis de vouloir "déclencher une nouvelle guerre" contre son pays.
Le "fait du jour" qui a plombé les marchés en fin de matinée, c'est une prise de position de Mojtaba Khamenei, le guide suprême iranien, qui exige que "l'uranium enrichi à un niveau proche de celui nécessaire à la fabrication d'armes nucléaires reste en Iran".
Le leader chiite a été clair : aucun stock d'uranium enrichi ne doit quitter le pays. Les responsables iraniens estiment en effet que l'exportation de ce matériau rendrait le pays plus vulnérable à de futures attaques américaines ou israéliennes.
Cette déclaration éloigne donc la perspective d'une négociation rapide avec les Etats-Unis, alors que Trump a répété à de nombreuses reprises que l'obtention de l'arme atomique par Téhéran constituait une ligne rouge absolue.
Téhéran a réaffirmé au passage ses exigences : "le dégel des avoirs iraniens bloqués" à l'étranger et la fin du blocus américain des ports iraniens, ce qui suscite un refus formel de la part Washington.
Un espoir d'apaisement demeure : le chef de l'armée pakistanaise, Asim Munir, se rendra à Téhéran ce jeudi dans le cadre des efforts de médiation en cours du Pakistan dans les discussions et consultations entre Téhéran et Washington concernant cette guerre, selon l'agence de presse ISNA.
Moins de 24H après que trump ait laissé entrevoir un accord, les cours du pétrole sont repartis à la hausse. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord progresse de 2,3% à 107,2USD. Son équivalent américain, le baril de WTI avance de 2,4% à 101,1USD.
Concernant l'or noir d'ailleurs, le marché pétrolier pourrait entrer dans une "zone rouge", avec une pénurie d'offres en "juillet ou en août", en l'absence d'issue durable au conflit au Moyen-Orient, a averti ce jeudi le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) Fatih Birol.
En France, le 1er Ministre Sébastien Lecornu exclut une nouvelle fois toute mesure d'abaissement des taxes "indifférenciées" sur les carburants... et il ajoute que cette situation d'énergie chère était amenée à "?durer, il ne faut pas mentir aux Français?"... et que cela coûterait probablement 6MdsE à la France.
La hausse de l'essence et du diesel expliquent largement le fait que la consommation a brutalement flanché en avril : les perspectives s'annoncent par ailleurs très négatives pour les prochains mois comme en témoigne la chute du PMI composite français, : il s'est effondré en mai de 47,6 vers 43,5, à son plus bas niveau depuis 66 mois.
Le PMI manufacturier chute à 48,9 contre 52,1 attendus, le PMI des services plonge vers 42,9 contre 46,6 attendus.
Nos OAT ne se détendent pas pour autant et restent figée vers 3,888%, idem pour les Bunds vers 3,10% et les BTP italiens vers 3,855% (les BTP repassent devant nos OAT, le ralentissement de notre activité va engendrer une baisse de nos recettes fiscales et une hausse des déficits).
Enfin, outre-Manche, le rendements des "Gilts" se détend à la mage, de -1,2Pt vers 4,9600%... et le "10 ans" japonais de seulement -0,8Pt vers 2,755%.
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