Taux : impactés par le contexte pétrolier
information fournie par AOF 20/07/2026 à 19:06

(Zonebourse.com) - Les taux entament la semaine par une nouvelle dégradation qu'il est facile de relier à la flambée du pétrole depuis le début du mois de juillet, avec un "Brent" remonté de 70 jusque vers 91 USD la nuit dernière (avant un léger tassement vers 89 USD (le "WTI" s'échangeant autour de 82,5/83 USD). Le rendement du "10 ans" US se tend de 3Pts vers 4,6000%, le "30 ans" affiche 2,8Pts vers 5,114%, le "2 ans" fait un bond de 7Pts vers 4,226%, son pire score depuis février 2025.

L'Europe n'est pas mieux lotie avec un Bund qui se dégrade de 3,7Pts vers 3,160%, nos OAT rajoutent 2Pts à 3,947% (après un test des 3,973% en séance), le "10 ans" italien (BTP) prend 4Pts vers 3,9800% (et jusqu'à 7,5Pts avec une culmination à 4,015%.

Outre Manche, la débâcle des "Gilts" se poursuit avec 7,5Pts vers 5,0485 (5,055% en séance), pire niveau observé depuis le 19 mai dernier.

Enfin, séance plutôt calme au Japon où le "10 ans" s'est détendu de -2Pts, sur fond de lourde chute de la bourse de Tokyo (-4,5%).

Les investisseurs ont de quoi être un peu stressé : ce weekend, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Gharibabadi a déclaré que l'Iran suspend tous ses engagements relatif au "MOU" ("l'accord d'Islamabad est mort") avec effet immédiat, et n'en mettra aucun en oeuvre après que les Etats-Unis aient rompu leurs engagements.

Les 2 protagonistes se renvoient la faute : Marco Rubio, le secrétaire d'Etat américain formules mêmes accusations visant l'Iran : il ne considère plus le protocole d'accord de cessez-le-feu "comme étant encore en vigueur".

Dans ces conditions, les marchés gardent les yeux rivés sur les cours du pétrole, revenu au plus haut depuis le 11 juin (veille de la signature du "MOU" à Versaillesl).

La décorrélation entre les prix de l'or noir et la flambée des tensions peut surprendre, Morgan Stanley rappelle que le marché mondial ne manque pas de pétrole brut, mais plutôt de capacités de raffinage.

En effet, les perturbations au Moyen-Orient, en Russie (30 à 40% des capacités de raffinage détruites) et en Chine réduisent surtout la production et les exportations de produits raffinés, notamment de diesel, tandis que le pétrole brut continue d'être disponible.

Chez AlphaValue, on reste également très attentif à l'évolution de la situation, d'autant que l'Iran aurait demandé aux Houthis de se préparer à fermer le détroit de Bab el-Mandeb.

Une fermeture simultanée de ce passage et du détroit d'Ormuz constituerait un événement sans précédent (ce qui contraindrait les porte-conteneurs venus d'Asie ou le diesel raffiné en Inde à faire le tour de l'Afrique, soit 15 à 20 jours de mer supplémentaires et des coût de carburant augmentés de 40 à 50%).

"Ce n'est pas notre scénario central, mais le risque n'est plus négligeable", souligne Frédéric Lorec, spécialiste du pétrole au sein du bureau d'études.

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