Taux : geste de la BCE bien digéré, nette tension des taux au japon, sauf le "10 ans" information fournie par Zonebourse 11/06/2026 à 18:32
La hausse d'un quart de point des taux annoncée par la BCE (taux de dépôt porté à 2,25%) a été bien digérée par les marchés obligataires : ils ne détestent rien de plus que les "surprises", et il n'y en a pas eu. Tout le monde est d'accord avec ce postulat de Christine Lagarde : "le risque aurait été de ne rien faire".
Tout le monde se souvient de son inaction en 2021, justifiée par l'hypothèse de "l'inflation transitoire" : tout le monde s'accorde en ce mois de juin 2026 sur le fait qu'elle ne le sera pas (transitoire).
Les prévisions de la BCE ont été relevées à 3%... et personne ne serait choqué qu'elles le soient à nouveau cet été.
Mais relever "plusieurs fois" le loyer de l'argent (comme l'avait suggéré I.Schnabel) serait jugé dangereux.
En effet, la Banque mondiale a revu à la baisse sa prévision de croissance mondiale pour 2026, désormais attendue à 2,5%, invoquant les répercussions du conflit au Moyen-Orient.
L'institution souligne qu'une aggravation des tensions, accompagnée d'une nouvelle hausse des prix de l'énergie et de turbulences financières, pourrait ramener cette croissance à 1,3%... autrement dit, elle pourrait potentiellement être réduite de moitié.
Pour Juliette Cohen, stratégiste chez CPR Asset Management, la hausse de taux annoncée par la BCE traduit sa volonté de répondre à un choc énergétique dont les répercussions se diffusent progressivement à l'ensemble de l'économie. Elle relève toutefois que l'institution n'a livré aucun indice supplémentaire sur l'orientation future de sa politique monétaire. Dans ce contexte, l'évolution du conflit au Moyen-Orient et les prochaines données d'inflation devraient être déterminantes pour la réunion de juillet.
De son côté, Konstantin Veit, gérant chez PIMCO, estime que cette décision relève davantage d'un ajustement destiné à ancrer les anticipations des marchés que du lancement d'un véritable cycle de resserrement monétaire.
Nos OAT se détendent ce soir de -3,5 points vers 3,695%, le Bund efface 3,2 points à 3,034%, les BTP italiens -3,7 points vers 3,81%.
Sans la moindre "actualité monétaire", les "Gilts" britanniques se détendent également de -3,7 points vers 4,0909%, sur fond de climat social délétère.
Aux Etats-Unis, les indicateurs publiés ont envoyé des signaux contrastés. Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont augmenté plus fortement qu'attendu : 4 000 pour s'élever à 229 000 unités, alors que les analystes tablaient sur un repli vers 220 000.
Parallèlement, l'indice des prix à la production a nettement accéléré en mai, à 6,5% en rythme annuel, soit 1,1% en mai par rapport à avril, là où les analystes tablaient sur une augmentation de 0,7%.
En revanche, les données du mois d'avril ont été révisées à la baisse de 1,4 à 1,1% en "séquentiel".
La probabilité d'une hausse de taux aux Etats Unis vient de passer le cap des deux tiers alors qu'un consensus du même ordre au mois de janvier tablait sur trois baisses de taux d'ici la fin de l'année.
Les T-Bonds US affichent cependant une certaine résilience vu les chiffres d'inflation dévoilés à 48h d'intervalle : le "10 ans" se détend de -1,4 point vers 4,527%, le "30 ans" de -2 points à 5,005% (il est décidément difficile de repasser sous la barre des 5%), et le "2 ans" détonne avec une hausse symétrique de 1,5 point vers 4,142%.
Globalement, c'est plutôt la stabilité qui domine en faisant la moyenne des niveaux observés sur l'ensemble de la courbe.
Enfin, légère dégradation -en apparence- des taux nippons si l'on se focalise sur les 0,5 point du "10 ans" japonais... un calme trompeur qui ne résiste pas à un examen plus approfondi puisque le "3 mois" bondit de 4,4 points vers 0,978%, le "1 an" 4,5 points à 1,185%, le "20 ans" 4,5 points à 3,607%, le "40 ans" 5,5 points à 3,806%.