Taux : évolution contrastée entre zone Euro puis USA et Japon
information fournie par Zonebourse 24/07/2026 à 18:55

Deux continents, deux ambiances : optimisme manifeste côté Europe, circonspection côté USA ... et déprime persistante côté Japon. Le net recul des cours du pétrole (près de -4% pour le le "Brent" vers 97,3 USD et le WTI, à 88,5 USD) sur l'anticipation d'un "TACO" de Trump ce weekend après une série de menaces apocalyptiques jeudi (comme à son habitude, avant de faire machine arrière) soulage le marchés obligataires européens. Nos OAT effacent presque -6Pts vers 3,97% ( 5Pts de base en hebdo contre plus de 10 la veille), des Bunds -3,5Pts vers 3,1760%, les BTP italiens -8Pts vers 3,995%.

Les "Gilts" britanniques s'offrent également une embellie de -7Pts vers 5,0360%, ce qui réduit la variation hebdo à 6,5Pts : les pertes ont été divisées par 2 alors que les incertitudes géopolitiques mais aussi internes (surendettement du Royaume Uni) à la veille du weekend sont plus menaçantes que jamais.

Mais une fois encore, c'est dans ce genre de circonstances de tension extrême que Trump fait à chaque fois renaître l'espoir -et rebaisser les taux- depuis 4 mois : pourquoi ce weekend ferait-il exception ?

Les craintes inflationnistes demeurent toutefois présentes à quelques jours de la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed), limitant les prises de risque.

Selon l'outil FedWatch du CME, les marchés évaluent désormais à 33% la probabilité d'un relèvement des taux dès mercredi prochain, contre 12% il y a une semaine.

Du côté "macro", les chiffres du jour concernaient l'activité dans le secteur tertiaire (toujours dynamique) et le marché immobilier US, qui demeure étonnamment résilient malgré des taux longs qui ont bondi de 30Pts depuis le 1er juillet.

Les ventes de logements neufs ont atteint 628 000 unités en rythme annualisé en juin, soit 3% de mieux que les 609 000 attendues par les économistes, après 618 000 en mai (les ventes ont été dopées par des promotions sur le prix des maisons pour contrebalancer la hausse du coût du crédit).

De surcroît, les permis de construire ont atteint 1,374 million en rythme annualisé en juin, légèrement au-dessus des attentes du marché (1,367 million), contre 1,410 million en mai.

L'autre "bonne surprise" provient du secteur des services : l'indice PMI des "services" (70% de l'économie US) progresse de 4%, à 53,6 points, contre 51,2 le mois précédent, dépassant largement le consensus de 51,3.

Le PMI composite, qui regroupe les secteurs manufacturier et des services, s'est lui aussi établi à 53,6 points, contre 51,9 en juin ( 3%), son plus haut niveau depuis huit mois, traduisant une accélération de l'activité du secteur privé.

L'activité manufacturière montre en revanche de légers signes d'essoufflement : l'indice PMI manufacturier préliminaire est ressorti à 53,8 points en juillet, contre 53,9 en juin, alors que le marché anticipait une hausse à 54,4 points (son niveau le plus faible en quatre mois).

Face à la vigueur de l'activité dans le tertiaire et dans le secteur immobilier, les taux US ne reculent pas autant que la baisse du pétrole pouvait le laisser espérer : le "30 ans" reste inchangé à 5,1500%, le "10 ans" rajoute 0,5Pt vers 4,663%, le "2 ans" se dégrade même de 1,8Pt vers 4,32% (après 4,365% ce matin).

Le tableau ne serait pas complet sans l'évocation des 5Pts du "10 ans" japonais à 2,82% ( 9Pts hebdo), le "30 ans" grimpe de 6,5Pts vers 3,978%, le "40 ans" de 10Pts vers 4,005% ( 11,5Pts hebdo), ce qui le rapproche de la résistance des 4,005%.

Sur le front géopolitique, les tensions restent élevées. L'Iran a revendiqué des attaques de drones contre Bahreïn, la Jordanie et le Koweït, tandis que l'armée américaine a mené une treizième nuit consécutive de frappes contre des cibles militaires iraniennes.

Donald Trump a par ailleurs déclaré que les avoirs iraniens gelés aux Etats-Unis serviraient désormais à indemniser les dommages subis par les navires touchés dans le Golfe : une spoliation des avoirs iraniens qui risque d'irriter fortement Téhéran.

De son côté, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est déclaré "très inquiet" de la reprise des attaques des Houthis contre des navires marchands en mer Rouge et des nouvelles menaces sur la navigation maritime, appelant toutes les parties à éviter une nouvelle escalade