Syrie-Accord de cessez-le-feu immédiat entre les Kurdes et le gouvernement
information fournie par Reuters 18/01/2026 à 18:04

(Actualisé avec accord de cessez-le-feu)

Le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS), coalition soutenue par Washington, sont convenus dimanche d'un accord de cessez-le-feu immédiat sur tous les fronts, après plusieurs jours d'affrontements qui ont vu l'armée syrienne avancer dans les territoires kurdes du nord-est du pays.

En parallèle de l'instauration du cessez-le-feu, toutes les forces affiliées aux FDS se retireront de l'est de l'Euphrate, selon un document publié par la présidence syrienne.

L'accord prévoit la fusion de toutes les forces des FDS dans les ministères syriens de la Défense et de l'Intérieur après des examens de sécurité requis, indique le communiqué.

Le gouvernement syrien va prendre la tête des provinces de Deir al Zor et Rakka tant sur le plan militaire qu'administratif.

Les postes-frontières et champs de pétrole et de gaz seront rendus au gouvernement syrien.

L'accord a été signé par le président syrien Ahmed Al Charaaf et le chef des FDS, Mazloum Abdi.

"Tous les dossiers en suspens avec les FDS seront résolus", a déclaré le président syrien, selon les médias d'État.

Il a ajouté qu'il devait rencontrer Mazloum Abdi lundi.

L'armée syrienne avait effectué des avancées importantes dans les zones contrôlées par des combattants kurdes en Syrie, entrant dans la périphérie de la ville de Rakka, dernier bastion de l'autorité autonome kurde soutenue par les Etats-Unis, ont rapporté dimanche des membres du gouvernement et des sources sécuritaires.

Deux sources militaires syriennes ont rapporté que des chars ont pénétré dans la ville de Rakka, autrefois aux mains de l'Etat islamique et que les FDS soutenues par Washington ont capturée en octobre 2017.

Des milliers de personnes sont descendues dans les rues de la ville pour célébrer l'incursion de l'armée syrienne alors que les FDS retiraient leur matériel, selon deux habitants.

L'armée régulière et ses alliés arabes ont auparavant pris le contrôle de champs pétroliers et gaziers à Deir al Zor situés le long de l'Euphrate, une source de revenu importante pour les forces kurdes.

Le président syrien Ahmed Al Charaa avait déclaré la semaine dernière qu'il était inacceptable qu'une milice (les FDS) contrôle un quart du pays et détienne d'importantes ressources pétrolières.

Le dirigeant syrien s'est engagé à unifier la Syrie après quatorze années de guerre civile. Les Kurdes résistent à la reprise en main du pays par les autorités et à l'intégration de leurs combattants au sein des forces gouvernementales.

Ahmed Al Charaa, ancien commandant d'Al-Qaïda appartenant à la majorité musulmane sunnite, a promis à plusieurs reprises de protéger les minorités mais des violences opposant ses forces à des combattants alaouites et druzes ont fait des centaines de morts et semé la panique dans les communautés minoritaires.

(Mahmoud Hasano à Deïr Hafer, Orhan Qereman à Tabka, Khalil Ashawi à Damas, avec Muayad Hameed Suadi à Bagdad et Huseyin Hayatsever à Ankara, rédigé par Maya Gebeily; avec Michel Rose et John Irish à Paris; version française Camille Raynaud, Gilles Guillaume et Zhifan Liu)