Stephen Miller, cerveau de la répression antimigrants sous Trump information fournie par AFP 07/11/2026 à 13:10
Stephen Miller, nommé vendredi directeur de cabinet de Donald Trump, est une figure de l'aile la plus radicale du mouvement conservateur américain et l'artisan de la ligne dure du président républicain sur l'immigration.
Trois jours après la déroute électorale des "midterms" pour son parti, Donald Trump a annoncé le départ de sa directrice de cabinet, Susie Wiles, et son remplacement dans la foulée par celui qu'il décrit comme l'un de ses conseillers "les plus dignes de confiance".
Fidèle parmi les fidèles, Stephen Miller était jusque-là l'éminence grise du président, derrière les questions de lutte contre l'immigration - pièce maîtresse du programme trumpiste.
"Personne n'est plus loyal, bûcheur, ou plus en lien avec le mouvement +l'Amérique d'abord+ que Stephen", a estimé vendredi Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche jusqu'en août 2026.
Les critiques de sa nomination n'ont pas tardé à fuser, le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer, le décrivant comme "l'architecte des politiques les plus barbares et inhumaines" du gouvernement Trump.
"Cerveau de Trump"
À 41 ans, Stephen Miller fait souvent écho aux discours de la droite radicale sur un déclin supposé de l'Occident face à "l'invasion" de migrants. Pour lui, le sujet est existentiel, estimant que "c'est un combat pour sauver la civilisation".
Quand Donald Trump cherche à étendre le pouvoir exécutif jusqu'à des limites inusitées, y compris en se servant de lois d'exception pour expulser des migrants, on devine la patte de celui qui était jusque-là directeur adjoint de cabinet pour la stratégie politique et conseiller à la sécurité intérieure.
Son influence serait même tentaculaire, détaille le livre "Regime Change" (non-traduit en français), qui décrit un homme prompt à s'en prendre durement à ses équipes.
"Stephen Miller est le +cerveau de Trump+", disait au New York Times Kevin McCarthy, ancien président de la Chambre des représentants, juste avant l'intronisation du président républicain en janvier 2025.
D'après le Wall Street Journal, c'est Stephen Miller qui en mai 2025 avait donné l'ordre à l'ICE, la police de l'immigration, de redoubler d'efforts pour augmenter le nombre d'expulsions.
En janvier, il avait rapidement qualifié de "terroriste" Alex Pretti, deuxième Américain tué à Minneapolis en l'espace de quelques semaines par des agents fédéraux, sur fond de manifestations contre la présence de l'ICE. Il était revenu ensuite sur ses déclarations, et avait gardé un profil bas dans les mois suivants.
Architecte du "Muslim ban"
Né en Californie dans une famille juive, de parents ayant fréquenté de prestigieuses universités, Stephen Miller avait plutôt le profil d'un futur électeur démocrate.
Mais dès le lycée, puis à l'université Duke, il défend avec provocation les idées de la droite radicale.
David Horowitz, un influent idéologue conservateur, lui offre son ticket d'entrée dans les cercles ultraconservateurs, où il croise des figures comme Steve Bannon et Tucker Carlson avant de rejoindre, à 30 ans, la première campagne de Donald Trump.
Son épouse, Katie Miller, est également une figure influente dans la sphère de la droite radicale. Elle fut un temps la porte-parole de la commission Doge du milliardaire Elon Musk, et s'est fait l'écho des prétentions territoriales de Donald Trump sur le Groenland.
Katie Miller est depuis devenue influenceuse Maga, se réclamant aussi du mouvement "tradwife", qui prône une domination masculine dans le couple.
Pendant le premier mandat de Trump (2017-2021), les idées de Stephen Miller semblaient encore marginales.
Il fut un architecte du "Muslim ban", ces restrictions à l'entrée sur le territoire infligées aux ressortissants de pays majoritairement musulmans, qui se sont ensuite heurtées à la justice.
Le conseiller avait aussi soutenu sans réserves son patron lorsque des manifestants pro-Trump avaient pris d'assaut le Capitole, le 6 janvier 2021, pour empêcher la certification de la victoire de Joe Biden.
Aujourd'hui, à l'ère Trump II, ses idées sont partout.