Stabilité financière mondiale: l’IA soutient la croissance, mais les risques «demeurent élevés», selon le FMI information fournie par Le Particulier 23/10/2026 à 18:07
Sommaire:
- Des marchés solides, mais des fragilités persistantes
- Intelligence artificielle: des attentes peut-être trop élevées?
- Renforcer la résilience avant de nouveaux chocs
Des marchés solides, mais des fragilités persistantes
C’est une publication en demi-teinte, dans laquelle optimistes et pessimistes trouveront chacun des arguments. Dans son dernier «Global Financial Stability Report», le FMI estime que la « croissance économique s'est maintenue et les bénéfices des entreprises ont été solides ». Cette résistance s’explique notamment par une inflation « mieux maîtrisée que prévu », laquelle a contribué à préserver des conditions financières relativement favorables.
Cette « résilience » est également portée par l’essor de l’intelligence artificielle, devenu un puissant moteur d’investissement et de valorisation pour les géants technologiques. Cependant, derrière cet optimisme, le FMI met en garde contre une confiance excessive des investisseurs. L’institution identifie trois principales menaces susceptibles de provoquer un retournement brutal des marchés:
- Une correction des actifs liés à l’IA , si les bénéfices ou les retombées économiques des investissements déçoivent les attentes.
- Une forte remontée des rendements des obligations souveraines , qui pourrait accentuer les tensions financières.
- Des cyberattaques majeures , susceptibles de perturber les services financiers essentiels et d’ébranler la confiance des investisseurs.
Intelligence artificielle: des attentes peut-être trop élevées?
L’institution internationale s’inquiète notamment d’un possible décalage entre l’enthousiasme des investisseurs et la réalité économique. Si les retombées financières de l’IA s’avéraient moins importantes qu’espéré ou si les dépenses d’investissement ralentissaient, les marchés d’actions et de dette pourraient subir une correction importante. Dans un scénario défavorable étudié par le FMI, « un désengagement des investissements dans l’IA réduirait le PIB mondial, les investissements et la consommation de respectivement 0,4 %, 1,3 % et 0,6 %, d’ici 2028 », peut-on lire dans le rapport.
L’IA constitue aujourd’hui l’un des principaux moteurs de l’investissement mondial. Les entreprises technologiques mobilisent des capitaux considérables pour développer leurs infrastructures, notamment les centres de données et les capacités de calcul. Or des incertitudes persistent quant à l’ampleur réelle des gains de productivité attendus et au volume d’investissements réellement nécessaires.
Renforcer la résilience avant de nouveaux chocs
Dans un contexte marqué par un endettement public élevé et des marges de manœuvre budgétaires et monétaires plus limitées, le FMI appelle les autorités à agir de manière préventive. L’institution recommande notamment de mieux surveiller l’endettement et la concentration des investissements liés à l’IA. Elle préconise également de renforcer la transparence des acteurs financiers non bancaires, notamment les fonds d’investissement, dont les difficultés pourraient amplifier les tensions sur les marchés.
Ces mises en garde interviennent alors que les regards des investisseurs se tournent vers Wall Street, où plusieurs publications de résultats trimestriels de géants de l’IA sont attendues dans les prochains jours. Alphabet (Google), Microsoft, Amazon et Intel dévoileront leurs comptes trimestriels entre le 28 et le 29 octobre, suivis par Apple le 2 novembre, puis par Nvidia à la mi-novembre. Ces publications seront particulièrement scrutées pour évaluer la rentabilité des investissements massifs dans l’intelligence artificielle et déterminer si les perspectives de croissance des géants technologiques justifient leurs valorisations boursières.