SpaceX sur orbite après ses résultats, les analystes apprécient information fournie par Zonebourse 21/10/2026 à 15:39
Après un troisième trimestre largement supérieur aux attentes, les analystes restent confiants dans le potentiel de SpaceX, porté par l'intelligence artificielle et Starship. En revanche, les banques divergent sur l'ampleur de la croissance à venir et les risques d'exécution. Le marché, lui, ne se pose pas de question : le titre grimpe de 10% à l'ouverture de Wall Street.
En bref : après avoir affiché une perte de 1,1 MdUSD un an auparavant, SpaceX a publié hier soir un bénéfice net de 4,4 milliards de dollars, contre 2,08 MdsUSD attendus par le consensus. Même bonne surprise du côté du chiffre d'affaires, en hausse de 161% à 14,6 MdsUSD, contre 13 MdsUSD anticipés par le consensus, et de l'EBITDA ajusté, qui a bondi de 306% à 8,8 MdsUSD (contre 6,6 MdsUSD pour le consensus). La division Super Intelligence (SI), dont les revenus ont atteint 7,6 MdsUSD, en hausse de 830%, a concentré l'essentiel de l'attention.
Au lendemain de cette impressionnante publication, les analystes sont nombreux à réagir. RBC Capital Markets, qui confirme son conseil "surperformance" et son objectif de cours de 225 USD, et Needham ("Achat", 250 USD) mettent particulièrement en avant la rentabilité des infrastructures d'intelligence artificielle.
La puissance de calcul, une donnée clé
Selon la direction, les nouveaux contrats de location de puissance de calcul se négocient à plus de 50 USD par watt, des conditions qui permettraient d'amortir les investissements en moins d'un an. Citi ("achat", 240 USD) y voit également un motif d'optimisme, estimant que les tarifs pourraient évoluer sensiblement au-dessus des attentes du consensus.
SpaceX prévoit par ailleurs d'ajouter au moins 10 gigawatts de capacité informatique en 2027, après avoir porté sa capacité installée à 2,5-3 gigawatts fin 2026. Elon Musk a également évoqué une possibilité, qu'il juge encore faible, de dépasser 20 gigawatts de puissance de calcul opérationnelle dès 2027.
Elon Musk se montre en effet particulièrement confiant quant à la demande. "Nous pourrions louer plusieurs fois notre puissance de calcul si nous disions oui à tout le monde", a-t-il assuré lors de la conférence de résultats. Le dirigeant privilégie des contrats de courte durée, convaincu que la valeur de la puissance de calcul par watt continuera d'augmenter à mesure que les modèles d'intelligence artificielle progresseront.
Les analystes ne traduisent toutefois pas ces ambitions de la même manière. Si RBC a presque doublé sa prévision de chiffre d'affaires pour 2027, de 111,3 à 218,4 MdsUSD, Needham est un peu plus mesuré, avec 152,9 MdsUSD attendus, contre 128,7 MdsUSD précédemment. Ce dernier rappelle notamment que certains contrats de location de puissance de calcul peuvent être résiliés avec un préavis de 90 jours, tandis que Bernstein ("surperformance", 248 USD) insiste sur les contraintes énergétiques et le calendrier ambitieux des projets industriels du groupe.
Les prochains mois "riches en catalyseurs"
Sur ce point, Elon Musk a expliqué que SpaceX comptait utiliser son expertise dans la fabrication de moteurs de fusée pour produire des aubes de turbines à gaz. Une initiative qui pourrait, selon lui, permettre de contourner des goulets d'étranglement représentant actuellement 12 à 18 mois de délais supplémentaires.
Chez Citi, les analystes ont ouvert une surveillance positive à 90 jours, ou "Catalyst Watch", estimant que les deux à trois prochains mois seront "exceptionnellement riches en catalyseurs". La banque mise sur de nouveaux résultats supérieurs aux attentes, des annonces concernant Grok et les infrastructures énergétiques, ainsi que sur le prochain vol de Starship.
Ce dernier constitue un autre point de convergence. Le vol 15, prévu en novembre, doit tenter la récupération des deux étages du lanceur, une opération dont "le succès n'est pas garanti" a prévenu Elon Musk, tout en estimant sa réussite plus probable que son échec. Citi y voit un possible catalyseur majeur pour l'industrie spatiale, tandis que Jefferies souligne qu'une accélération des lancements renforcerait considérablement les capacités de déploiement de Starlink. A ce titre, SpaceX vise un lancement hebdomadaire au premier semestre 2027, puis deux par semaine au second semestre.
Côté perspectives, SpaceX vise un chiffre d'affaires de 33 à 37 MdsUSD au premier trimestre 2027 et confirme son objectif de rythme de revenus annualisé d'au moins 100 MdsUSD à la fin de 2026. Le groupe prévoit toutefois d'accélérer ses investissements à 35-40 MdsUSD au quatrième trimestre. Son directeur financier, Bret Johnsen, a assuré que le groupe disposait de plusieurs sources de financement, notamment sur le marché de la dette, pour accompagner cette croissance tout en préservant sa notation de catégorie investissement. De quoi financer simultanément l'essor de l'IA et la montée en cadence de Starship ? Réponse dans les prochains mois.