par Sonali Paul et Tom Westbrook
ADELAIDE/SYDNEY, 29 septembre (Reuters) - La société
américaine SpaceX prévoit de démarrer au début de l'année
prochaine la construction de sa première fusée à destination de
Mars, dont la taille sera cependant réduite par rapport au
projet initial pour des question d'économies de coûts, a annoncé
vendredi le milliardaire Elon Musk.
Un premier voyage vers la planète rouge, sans passagers, est
prévu en 2022, qui sera ensuite suivi d'un vol habité en 2024, a
précisé Elon Musk, à la fois directeur général et responsable du
design chez Space Exploration Technologies.
L'homme d'affaires, également fondateur du constructeur
d'automobiles électriques Tesla TSLA.O , a l'ambition de
révolutionner les voyages dans l'espace en réduisant
considérablement les coûts.
La première mission humaine de la Nasa, l'agence spatiale
américaine (Nasa), à destination de Mars n'est prévue qu'une
dizaine d'années après celle projetée par SpaceX.
Il y a près d'un an, Elon Musk avait dit que SpaceX
développait un lanceur et une capsule énormes, capables de
transporter des dizaines de passagers vers Mars avec l'objectif
ultime de coloniser la planète.
Mais, lors d'une conférence à Adélaïde, il a déclaré que la
société concentrait désormais ses efforts sur une seule fusée,
plus courte et plus effilée.
"Nous voulons avoir un seul système. Si nous y parvenons,
alors toutes les ressources (...) pourront être allouées à ce
système. Je suis assez confiant dans notre capacité à mener à
bien ce vaisseau et à être prêts pour un premier vol d'ici
environ cinq ans", a estimé Elon Musk.
ACTEURS PRIVÉS ET PUBLICS
Le vaisseau devrait être partiellement réutilisable et
capable de voler directement de la Terre vers Mars. Comme dans
le projet initial, la fusée devrait toujours avoir une capacité
de 100 passagers.
Lockheed Martin LMT.N a également annoncé ce vendredi ses
ambitions en matière de vols habités vers Mars, dévoilant des
esquisses d'une station spatiale tournant autour de Mars qui
ferait office de "camp de base" et d'un véhicule de débarquement
capable d'acheminer quatre astronautes sur la surface de la
planète.
"Nous savons qu'il fait froid, qu'il s'agit d'un
environnement peu hospitalier, donc on va commencer avec des
robot et ensuite on utilisera ces véhicules", a déclaré Rob
Chambers, directeur de la stratégie vols spatiaux habités chez
Lockheed, lors d'un entretien accordé à la Australian
Broadcasting Corporation.
Il n'a pas donné de calendrier mais cette mission serait une
expédition conjointe avec la Nasa, qui entend atteindre Mars au
cours de la décennie 2030.
Mars est à environ 225 millions de kilomètres de la Terre et
envoyer des humains sur la planète rouge, après un voyage de six
à neuf mois, reste un objectif extrêmement ambitieux.
D'autres acteurs, privés et publics, nourrissent des
ambitions spatiales. La société Blue Origin, mise sur pied par
le fondateur d'Amazon.com AMZN.O Jeff Bezos, met au point un
vaisseau imposant, appelé New Armstrong, capable d'assurer des
services de transport vers Mars.
La Russie et la Chine préparent chacun des vols habités vers
la lune et Moscou a accepté de coopérer avec la Nasa pour
fabriquer une station spatiale dans l'orbite lunaire qui
servirait de relais pour des missions futures.
(Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par
Nicolas Delame)