Signes de décrispation au Moyen-Orient : l'Europe retrouve des couleurs information fournie par Zonebourse 09/10/2026 à 10:58
Plus de 90 minutes après l'ouverture de la séance, les marchés actions européens amorcent un rebond, portés par de nouveaux signaux de détente dans le conflit au Moyen-Orient. Par conséquent, les cours du pétrole reculent. Après deux séances d'affilée dans le rouge, le CAC 40 gagne après 10h30 0,86% à 7 796,42 points. De leur côté, Londres, Francfort et Amsterdam progressent respectivement de 0,81%, 1,02% et de 0,57%.
Signaux d'apaisement venus des États-Unis
Ce regain d'optimisme des marchés s'explique principalement par les dernières déclarations venues de Washington. Si les Etats-Unis et l'Iran restent encore très loin d'une issue favorable dans ce conflit qui dure depuis plus de 7 mois, une nouvelle lueur d'espoir a émergé hier du côté américain.
Hier, sur son réseau Truth Social, Donald Trump a fait savoir qu'il n'envisageait pas d'attaquer l'Iran avant les élections législatives du 3 novembre aux Etats-Unis (midterms), assurant que Washington avait mené des "discussions productives" avec Téhéran. "Je veux signifier clairement à tout le monde que, alors que l'Iran est en très mauvaise posture, économiquement et militairement, et alors même que le blocus restera pleinement en vigueur, avec des nombres record de barils de pétrole passant par le détroit d'Ormuz [...], nous n'attaquerons l'Iran à aucun moment avant les élections de mi-mandat", a écrit le président américain.
Son message a été diffusé hier après la hausse marquée des cours du pétrole la veille, consécutive à des informations de presse évoquant à juste titre la possibilité de nouvelles frappes américaines avant les midterms.
Initiatives diplomatiques et renforcement en mer Rouge
Outre l'attitude américaine, la diplomatie régionale et la sécurité maritime connaissent également des évolutions notables.
Sur le front diplomatique, le président russe Vladimir Poutine a proposé son aide pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient, lors d'une rencontre avec son homologue iranien Masoud Pezeshkian, en amont d'un sommet régional au Turkménistan ce vendredi.
De son côté, l'Union européenne va renforcer sa mission navale de protection du trafic en mer Rouge, avec notamment l'arrivée de nouveaux navires belges, a déclaré jeudi à l'AFP la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.
L'UE avait annoncé en septembre avoir rehaussé le niveau d'alerte de son opération Aspides, suite à la mainmise des Houthis pro-iraniens de l'ensemble du littoral yéménite bordant la mer Rouge. Ces derniers ont aussi accentué leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, passage clé reliant l'Asie à l'Europe via le canal de Suez.
L'analyse de LBP AM sur les prix de l'énergie
Ces évolutions géopolitiques ont eu un impact direct et immédiat sur les marchés de l'énergie. Suite à ces signaux plutôt favorables, les cours du pétrole reculent. Après 10h30, le baril de Brent cède 1,45% à 102,62 dollars. Le WTI américain perd 1,49% à 90,14 dollars.
D'ailleurs, au sujet de l'or noir, Xavier Chapard, adjoint au directeur de la recherche chez LBP AM, confirme que "les prix de l'énergie restent élevés, malgré des flux de pétrole brut depuis le Moyen-Orient quasiment revenus à leur niveau d'avant la guerre".
Il ajoute que "le prix du gaz en Europe continue de monter, ce qui n'est pas surprenant car les flux via Hormuz sont toujours à l'arrêt. Le fait que le prix du pétrole reste au-dessus de 100 dollars le baril est plus étonnant. Cela suggère que les risques et les coûts de transport, la faiblesse des stocks et la persistance de l'incertitude géopolitique empêchent pour l'instant un reflux plus net des prix. Si l'on ajoute la hausse des marges de raffinage sur les carburants, dont les prix impactent directement l'inflation, l'inflation devrait augmenter encore dans les prochains mois."
En conclusion, le scénario de LBP AM intègre une baisse des prix énergétiques à partir de la fin de l'année. Celle-ci permettrait un ralentissement net de l'inflation à partir du printemps prochain et limiterait le besoin de resserrement monétaire. "Mais le risque d'un choc plus persistant augmente tant que la situation au Moyen-Orient reste aussi incertaine", nuance l'asset manager.
Rentabilité en nette hausse pour Exail Technologies
Outre le climat délétère au Moyen-Orient, les investisseurs restent toujours attentifs à l'actualité des sociétés cotées.
Porté par la robotique maritime, la navigation et la photonique, Exail Technologies a affiché de très solides performances opérationnelles, marquées par une forte amélioration de sa rentabilité au 1er semestre. Malgré cette solide performance, son titre est quasiment stable seulement : 0,08%. Son chiffre d'affaires a atteint 275 millions d'euros ( 25% ou 27% en organique). De son côté, l'Ebitda courant a flambé de 43%, à 63 MEUR, portant la marge d'Ebitda courant à 22,9% ( 3 points). Le résultat d'exploitation s'est quant à lui élevé à 46 MEUR ( 61%). Fort de ces résultats, le groupe spécialisé dans la robotique maritime et les systèmes de navigation dans les technologies de pointe confirme l'ensemble de ses objectifs pour 2026 : une croissance du chiffre d'affaires à deux chiffres et une croissance de l'Ebitda courant supérieure à celle des revenus.
Par ailleurs, Carrefour a annoncé hier la cession des murs de 35 magasins en France et en Espagne à une coentreprise formée par Atrato et l'investisseur institutionnel GIC, pour un montant d'environ 290 MEUR. Cette transaction devrait permettre à Carrefour de dégager une plus-value significative, sans incidence matérielle sur son résultat opérationnel courant, précise la société.
Crédit Agricole SA a annoncé le lancement, à la fin du mois d'octobre, de Crédit Agricole Deutschland, sa nouvelle banque universelle à destination des particuliers en Allemagne. Cette entité vise à renforcer la présence du groupe sur la première économie européenne et l'un des principaux marchés de l'épargne du continent.
Airbus annonce avoir livré 72 appareils auprès de 37 clients différents au cours du mois de septembre. L'avionneur a aussi reçu 17 commandes brutes au cours du mois. Depuis le début de l'année, Airbus indique avoir livré 547 appareils à un total de 84 clients.
Mauna Kea (-8,59%) dévisse après une performance décevante au 1er semestre. Sur cette période, le chiffre d'affaires total ressort à 3,2 MEUR, soit un repli de 13% sur un an. La biotech enregistre une perte opérationnelle de 4,2 MEUR, contre une perte de 3 MEUR un an plus tôt.