Shell surfe sur une dynamique solide au 3e trimestre et gâte ses actionnaires
information fournie par AOF 29/10/2026 à 10:15

(Zonebourse.com) - Shell ( 3,59% à 49,08 euros) enregistre la plus forte hausse de l'AEX 25 à la Bourse d'Amsterdam à la faveur de très solides résultats au cours du 3e trimestre 2026. Malgré des tensions persistantes sur le marché mondial de l'énergie, le producteur de pétrole et de gaz confirme son excellente dynamique. Cette performance financière s'accompagne d'une décision majeure pour ses investisseurs : le lancement d'un programme de rachat d'actions de 5 milliards de dollars sur les trois prochains mois.

Une rentabilité opérationnelle supérieure aux attentes du marché

Sur cette période, Shell a généré un résultat net ajusté de 10,8 MdsUSD. Ce montant, en nette progression sur un an (5,43 MdsUSD au 3e trimestre 2025), reflète une solide efficacité opérationnelle dans un contexte de prix des matières premières toujours volatils et élevés, soutenu par des marges de raffinage record. Selon Jefferies ce bénéfice net ajusté "dépasse le consensus des marchés de 5%."

Par rapport au 2e trimestre 2026 (9,83 MdsUSD), la progression du résultat net ajusté s'explique par la hausse des marges de raffinage, des prix de vente plus élevés pour le gaz naturel liquéfié (GNL) et une augmentation des volumes extraits par la branche Gaz Intégré. Ces gains ont toutefois été en partie tempérés par le repli des activités de négoce et d'optimisation de brut et de produits pétroliers, une augmentation des dépréciations de puits, ainsi que par la baisse des prix de vente réalisés des hydrocarbures liquides. La hausse de l'EBITDA ajusté en glissement trimestriel a été portée par les mêmes facteurs que le résultat net ajusté. Il ressort à 22,73 MdsUSD au 3e trimestre contre 20,71 MdsUSD au 2e trimestre et 14,77 MdsUSD au 3e trimestre 2025.

Une génération de trésorerie record et un désendettement accéléré

Ces excellents résultats d'exploitation se sont traduits par d'importantes entrées d'argent frais dans les caisses de Shell.

Sur ce 3e trimestre, le flux de trésorerie lié aux activités opérationnelles (CFFO : l'argent réellement généré par l'activité courante) atteint 21 MdsUSD contre 12,2 MdsUSD un an plus tôt, malgré les interruptions survenues au Moyen-Orient. Ce flux a été principalement alimenté par l'EBITDA ajusté et des gains de trésorerie de 3,4 MdsUSD sur les instruments de couverture financière, en partie compensés par 3,2 MdsUSD d'impôts et 2,2 MdsUSD de règlements liés aux quotas carbone et aux biocarburants. Jefferies note que la trésorerie opérationnelle avant variation du besoin en fonds de roulement dépasse de 19% les attentes.

A la clôture du 3e trimestre 2026, la dette nette a reflué à 39,7 MdsUSD, contre 41,8 MdsUSD à la fin du 2e trimestre 2026. Cette décrue s'appuie sur une trésorerie disponible (le free cash-flow) massive de 16,3 MdsUSD, qui a permis à la fois de financer les investissements, de verser 2,2 MdsUSD de dividendes et d'absorber 3,2 MdsUSD de rachats d'actions.

Par ailleurs, malgré l'intégration de la dette issue du rachat d'ARC Resources (2,5 MdsUSD repris, dont 1,9 MdUSD déjà remboursé en septembre), le ratio d'endettement net de Shell s'est allégé à 16,6% (contre 18,7% fin juin 2026), confirmant la solidité du bilan.

Portefeuille stratégique recentré et retour massif aux actionnaires

Fort de ce matelas financier, le groupe poursuit la modernisation de ses activités tout en gâtant ses actionnaires.

Le groupe énergétique anglo-néerlandais poursuit le renforcement de son portefeuille. Il a finalisé les acquisitions stratégiques d'ARC Resources et d'US Mobility, validé la décision finale d'investissement (FID) pour la phase 2 du projet méthanier LNG Canada, tout en cédant des gisements d'hydrocarbures non stratégiques aux Etats-Unis et à Chypre.

Parallèlement, la redistribution aux actionnaires au cours du trimestre s'est élevée à 5,3 MdsUSD (comprenant 3,2 MdsUSD de rachats d'actions et 2,2 MdsUSD de dividendes versés en numéraire aux actionnaires de Shell). Le dividende trimestriel est fixé à 0,3906 USD par action. Après avoir bouclé son précédent plan de 4,2 MdsUSD, Shell lance une nouvelle enveloppe de rachat d'actions de 5 MdsUSD d'ici la fin d'année, là où les analystes tablaient plutôt sur 3 MdsUSD. L'achèvement est prévu d'ici la publication des résultats du 4e trimestre 2026.

Pour Panmure Liberrum, "ces résultats de Shell dépassent le consensus, portés pour l'essentiel par l'environnement macroéconomique favorable découlant du conflit entre les Etats-Unis et l'Iran. Bien que le groupe ait déjà annoncé une solide performance, la nette hausse du programme de rachat d'actions à 5 MdsUSD sera saluée par les marchés."

"Dans l'ensemble, la compagnie pétrolière britannique signe une nouvelle solide copie. Les perspectives demeurent favorables tant que les prix des matières premières et les marges de raffinage restent élevés, une tendance qui devrait perdurer en 2027 et garantir des rendements élevés pour l'actionnaire. Le relèvement des rachats d'actions et le maintien du dividende devraient rassurer les investisseurs. Shell conserve ainsi un profil plus attractif que son rival bp, grâce à une stratégie lisible et un conseil d'administration stable et aligné, alors que bp publiera ses résultats demain avant une réorientation stratégique majeure prévue le 15 décembre", précise la banque d'investissement britannique.

Perspectives opérationnelles et objectifs pour le 4e trimestre

Afin de maintenir ce cap de rentabilité, la direction de Shell a dévoilé sa feuille de route opérationnelle pour la fin d'année.

Shell maintient une stricte discipline budgétaire avec des dépenses d'investissement en trésorerie (capex) pour 2026, incluant l'intégration d'ARC, se situant entre 23 et 25 MdsUSD. En 2025, elles se sont élevées à 21 MdsUSD.

Pour le 4e trimestre 2026, les prévisions de production et d'activité sont les suivantes : La production de la division Gaz Intégré est attendue entre environ 1 080 et 1 180 milliers de barils équivalent pétrole par jour (kboepd). Les volumes de liquéfaction de GNL devraient atteindre environ 7,3 à 7,9 millions de tonnes. Les perspectives pour le 4e trimestre 2026 intègrent l'impact de l'acquisition d'ARC Resources Ltd., finalisée le 2 septembre 2026.

La production amont (Upstream) est estimée entre environ 1 700 et 1 900 kboepd. Les prévisions pour le quatrième trimestre 2026 tiennent compte d'une provision pour aléas météorologiques dans le golfe du Mexique.

Les volumes de vente de la branche Commercialisation (Marketing) sont attendus entre environ 2 400 et 2 600 milliers de barils par jour.

Le taux d'utilisation des raffineries devrait s'établir entre environ 92 et 100%. Celui des usines de fabrication de produits chimiques est estimé entre 78 et 86%.

Du côté des fonctions centrales (Siège), les coûts nets se sont élevés à 705 MUSD au 3e trimestre 2026. Pour le 4e trimestre, cette charge devrait se situer dans une fourchette comprise entre 600 et 800 MUSD.

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