* Budget d'investissement réduit de 10% à $30 mds
* Le bénéfice ajusté du T1 dépasse le consensus
* Le T2 sera pénalisé par des charges de restructuration
* Graphique des investissements dans le secteur: http://tmsnrt.rs/1RG5hbI
par Ron Bousso et Karolin Schaps
LONDRES, 4 mai (Reuters) - Royal Dutch Shell RDSa.L a
annoncé mercredi une nouvelle réduction d'environ 10% de ses
investissements cette année dans la foulée du rachat de BG Group
BG.L , en avertissant que la faiblesse des cours du pétrole
continuerait de peser sur ses comptes.
Le groupe pétrolier anglo-néerlandais a parallèlement publié
des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, en dépit
d'une chute de 58% de ses bénéfices.
Ces résultats sont les premiers présentés par Shell depuis
le bouclage, le 15 février, de l'acquisition de BG, une
opération de 54 milliards de dollars (47 milliards d'euros) qui
fait du nouvel ensemble le numéro un mondial du gaz naturel
liquéfié (GNL).
Intégration de BG oblige, les résultats montrent entre
autres un bond de 25% sur un an des livraisons de GNL à 12,29
millions de tonnes. Au total, la production de pétrole et de gaz
du groupe a grimpé de 16%.
Mais Shell a averti que les prix bas, les opérations de
maintenance prévues sur certains sites de production et
"d'importantes charges pour suppressions de postes et
restructuration" pèseraient sur les comptes du deuxième
trimestre.
Sur les trois premiers mois de l'année, le bénéfice net à
coûts courants d'approvisionnement (CCS) hors exceptionnels, la
définition retenue par le groupe, a atteint 1,55 milliard de
dollars, alors que les analystes financiers attendaient en
moyenne 1,04 milliard.
Le dividende est inchangé à 47 cents par action.
SHELL RESTE LE PREMIER INVESTISSEUR DU SECTEUR
A la Bourse de Londres, l'action Shell abandonnait 0,17% à
17,52 livres en début de séance alors que l'indice Stoxx
européen de l'énergie gagnait 0,2% .SXEP .
Shell prévoit 2.800 suppressions de postes après le rachat
de BG en plus des 7.500 liées à la chute des prix du pétrole et
du gaz.
La semaine dernière, le groupe avait annoncé la fermeture
d'ici la fin de l'année des bureaux de BG situés près de Londres
et de son antenne d'Aberdeen.
Des plans de départs volontaires sont également prévus au
Royaume-Uni, en Australie et aux Pays-Bas.
La baisse des investissements annoncée mercredi ramènera
ceux-ci à 30 milliards de dollars contre 33 milliards
initialement prévus.
"Nous continuons de réduire nos niveaux de dépenses pour
profiter des opportunités en matière de coûts et réorienter nos
finances en fonction du contexte actuel de baisse des prix
pétroliers", a déclaré le directeur général, Ben van Beurden.
A 30 milliards de dollars, le budget d'investissement de
Shell reste le plus élevé des "majors" du secteur, dépassant
d'environ sept milliards celui de l'américain Exxon Mobil
XOM.N .
Parmi les projets abandonnés depuis un an figurent des
opérations d'exploration controversées dans l'Arctique, un
gisement gazier à Abou Dhabi et le gisement de sables bitumineux
de Carmon Creek au Canada.
(Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid
Exbrayat)