Shell prévoit une hausse de 65% de la demande mondiale de GNL d'ici 2050
information fournie par Reuters 30/06/2026 à 11:41

La demande mondiale de gaz naturel liquéfié (GNL) devrait bondir de 65% d’ici 2050 pour atteindre près de 700 millions de tonnes métriques par an, portée principalement par l’Asie qui cherche à réduire sa dépendance au charbon et par la hausse des besoins en électricité, selon le rapport annuel LNG Outlook 2026 de Shell publié mardi.

Le commerce mondial du GNL, qui a atteint 422 millions de tonnes en 2025, devait continuer à progresser en 2026. Cependant, les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz liées au conflit au Moyen-Orient ont interrompu une partie importante des approvisionnements mondiaux. En conséquence, les échanges mondiaux pourraient rester stables en 2026 avant de reprendre leur croissance en 2027.

Selon Cederic Cremers, président de la division Gaz intégré de Shell, le conflit a créé un choc à l’échelle du système, mais le secteur du GNL s’est montré "résilient et capable de s’adapter à l’évolution des conditions du marché".

La croissance de l’offre mondiale, l’arrivée de nouvelles infrastructures de regazéification ainsi que la mise en service de nouvelles installations de liquéfaction en Amérique du Nord ont permis de limiter l’impact des perturbations au Moyen-Orient.

La crise géopolitique a néanmoins entraîné une hausse des prix du GNL, endommagé les installations d’exportation du Qatar et retardé de nouveaux approvisionnements. Les analystes estiment que des prix plus élevés pourraient freiner la demande en Asie du Sud, les acheteurs se tournant vers d’autres sources de GNL ou vers le charbon et le gaz domestique.

Les prix restent inférieurs aux niveaux atteints après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, ce qui montre une meilleure résistance du marché.

Environ 180 millions de tonnes par an de nouvelles capacités de GNL devraient être mises en service d’ici 2030.

Selon les prévisions, l’Asie du Sud et du Sud-Est représentera environ 40% des importations mondiales de GNL d’ici 2050, grâce à une forte croissance de la demande énergétique et au remplacement progressif du charbon.

Dans les marchés asiatiques plus matures comme le Japon, les centres de données apparaissent comme une nouvelle source de demande supplémentaire d’électricité, indique le rapport.

En Europe, le GNL continuera à jouer un rôle essentiel dans la sécurité énergétique en contribuant à équilibrer la production intermittente d’électricité renouvelable, alors que la production nationale de gaz diminue, selon Shell.

Pour répondre à la hausse de la demande, des investissements importants seront nécessaires au cours des années 2030 et 2040.

Environ 200 millions de tonnes par an de nouvelles capacités devront être développées, en complément des projets déjà en construction.

"Alors que davantage d’investissements dans les infrastructures d’approvisionnement et de consommation sont nécessaires, les perspectives à long terme restent solides et le GNL continuera d’être une force stabilisatrice dans le système énergétique mondial", a déclaré Cederic Cremers.

(Marwa Rashad, Stephanie Kelly et Emily Chow, version française Elena Smirnova, édité par Augustin Turpin)