* Drahi espère lancer Alticebank d'ici au printemps 2019-sce
* Ses actifs en Europe concentrés en France et au Portugal
* Un nouveau concurrent pour Orange Bank
(Actualisé avec source)
par Mathieu Rosemain et Maya Nikolaeva
PARIS, 13 juillet (Reuters) - L'entrepreneur milliardaire
Patrick Drahi ambitionne de lancer une banque en ligne d'ici
début 2019 dans les pays européens où son groupe de télécoms, de
câble et de médias Altice ATCA.AS est présent, a-t-on appris
jeudi de source au fait du dossier.
Ce nouveau service, baptisé Alticebank, ajoutera une
nouvelle dimension aux activités de l'empire du franco-israélien
qui s'est déjà diversifié dans les médias en investissant
massivement dans les contenus et dans la publicité avec le
rachat de la pépite Teads.
L'arrivée de ce nouvel acteur traduit par ailleurs la
compétition accrue dans les services bancaires avec des
opérateurs télécoms déterminés à tirer parti de la
généralisation de l'usage des smartphones et de la baisse de la
fréquentation des agences bancaires pour concurrencer les
acteurs traditionnels.
Altice, dont le siège est aux Pays-Bas, a grossi de façon
spectaculaire en quelques années en procédant à des acquisitions
en séries, financées par de la dette, en Europe et aux
Etats-Unis. La holding contrôle notamment l'opérateur SFR
SFRGR.PA , numéro deux sur le mobile en France.
"La logique consiste à rendre profitable la lourde
infrastructure des télécoms", explique Julien Maldonato, associé
chez Deloitte, à propos de la stratégie des opérateurs télécoms.
Orange ORAN.PA a de son côté reporté à la fin de l'été le
lancement de son offre bancaire mobile, Orange Bank, qu'il
prévoyait initialement de proposer le 6 juillet.
L'opérateur ambitionne de concurrencer les acteurs bancaires
traditionnels avec une offre gratuite et innovante, par laquelle
il compte aussi fidéliser ses abonnés.
Confronté à une forte pression concurrentielle et
réglementaire sur son coeur de métier, le numéro un français des
télécoms a fait des services financiers un des axes prioritaires
de sa diversification.
Avec Orange Bank, il espère séduire deux millions d'abonnés
en l'espace de dix ans. Il mise pour cela sur son gisement de 30
millions de clients mobiles, son réseau déjà fourni de boutiques
et un cadre réglementaire permettant désormais de changer plus
facilement d'établissement bancaire.
Le projet d'Orange, construit à partir du rachat d'une
participation majoritaire dans Groupama Banque l'an dernier,
diffère toutefois de celui d'Altice qui part de zéro et devra
donc en passer par un long processus réglementaire.
Altice ATCA.AS a d'ores et déjà déposé une demande
d'agrément auprès de la Banque centrale européenne (BCE), a
précisé la source, confirmant une information révélée en premier
par Le Parisien.
La BCE n'a pas souhaité faire de commentaire.
(Avec Benjamin Mallet et Gwénaëlle Barzic à Paris et Francesco
Canepa à Francfort, édité par Jean-Michel Bélot)