Secteur aérien : attention aux turbulences information fournie par Zonebourse 23/03/2026 à 11:28
Le secteur aérien est pris dans une spirale baissière depuis un mois, sous l'effet d'un choc pétrolier d'une rare brutalité. Si les compagnies sont partiellement couvertes, elles commencent à s'inquiéter de ce trou d'air prolongé, d'autant qu'aucun signe d'accalmie ne se manifeste au Moyen-Orient, bien au contraire...
La hausse du pétrole peut-elle être encore considérée comme un choc temporaire ? Alors que le carburant pèse généralement de 25% à 30% des coûts d'une compagnie, celles-ci commencent à grincer des dents malgré des stratégies de couverture qui les protègent partiellement.
"Cette situation exerce une pression sur les marges des compagnies aériennes, limite leur pouvoir de fixation des prix et accroît les risques de baisse des prévisions de trafic et de capacité à moyen terme", analysait ce matin Saïma Hussain, spécialiste de l'aérien chez AlphaValue.
La hausse du pétrole répercutée sur les billets
Concrètement, l'envolée des prix du kérosène est d'environ 150% en 3 semaines, portée par la baisse des exportations de brut au Moyen-Orient et des capacités de raffinage. "Les contrats à terme anticipent des prix encore nettement supérieurs en 2026, avec 100% au T2 et jusqu'à 63% au second semestre par rapport à 2025", souligne-t-on chez UBS.
Le marché ne s'y trompe pas et tout le secteur pique du nez ( -5,9% pour Finnair, -5% pour Rolls-Royce et Wizz Air, -4% pour easyJet et Lufthansa...).
Avec -5%, Air France-KLM ne fait pas exception. Son recul atteint même les 30% en un mois. Contactée ce matin par Zonebourse, la compagnie tricolore rappelle disposer d'une couverture carburant de l'ordre de 70% sur le trimestre courant et le prochain et indique suivre la situation au Proche-Orient avec la plus grande attention.
La compagnie a d'ores et déjà annoncé augmenter ses tarifs : il faudra par exemple ajouter 50 euros pour un aller-retour en classe éco sur les vols long-courriers émis depuis le 11 mars et 70 EUR sur les vols vers les États-Unis, le Canada et le Mexique pour les billets émis à compter du 19 mars 2026.
De quoi impacter la demande ? "Il est pour l'instant trop tôt pour le mesurer", prévient la compagnie.
Un profil risque/rendement défavorable
Chez AlphaValue, on estime que le profil risque/rendement du secteur reste défavorable, avec un potentiel de hausse limité à un rebond technique et un risque baissier en cas de pétrole élevé ou de tensions accrues. Des pressions supplémentaires pourraient venir d'un ralentissement des cadences et de l'après-vente, pénalisant notamment Safran et MTU.
"Les risques portent désormais sur d'éventuelles pénuries de kérosène et une rationalisation des capacités, notamment chez les compagnies les moins rentables. À l'inverse, les acteurs affichant des marges EBIT (résultat opérationnel) élevées apparaissent mieux positionnés pour maintenir leur offre", assure-t-on chez UBS.
Aux États-Unis, les compagnies suivent aussi la situation de près. En fin de semaine dernière, Scott Kirby, le directeur général de United Airlines, rappelait que le coût du carburant avait plus que doublé en quelques semaines, ce qui pourrait entraîner un surcoût annuel de onze milliards de dollars.
Les compagnies s'adaptent
Face à cette situation, United indique ajuster son offre à court terme, notamment en suspendant certaines liaisons vers Tel Aviv et Dubaï et en réduisant les capacités sur les périodes creuses.
Malgré cette pression, la compagnie insiste sur la solidité de la demande et maintient sa stratégie d'investissement à long terme, estimant être mieux positionnée que ses concurrents pour absorber ce choc.
Chez Jefferies, on estime même que les résultats du 1er trimestre du secteur aérien aux États-Unis devraient rester "globalement conformes aux prévisions initiales", la progression des recettes compensant la hausse des prix du carburant.
Ainsi, Delta Air Lines anticipe une croissance de ses revenus supérieure à 10%, tandis qu'American Airlines prévoit une perte limitée dans le bas de sa fourchette.
Dans ce contexte, certaines compagnies ajustent leur stratégie : Frontier a reporté la livraison de 69 avions Airbus A320neo à 2031-2033 et mis fin à certains contrats de location, reflétant une gestion prudente de la capacité.
De son côté, "Qatar Airways a immobilisé 20 de ses avions long-courriers en Espagne, à l'abri des risques. Cette mesure illustre bien la nécessité de limiter l'offre en temps de guerre et les risques pesant sur le secteur de la maintenance, qu'il s'agisse des motoristes (Rolls-Royce, MTU, Safran) ou de sociétés comme Lufthansa Technik ou Air France Maintenance", conclut AlphaValue.
La hausse du pétrole peut-elle être encore considérée comme un choc temporaire ? Alors que le carburant pèse généralement de 25% à 30% des coûts d'une compagnie, celles-ci commencent à grincer des dents malgré des stratégies de couverture qui les protègent partiellement.
"Cette situation exerce une pression sur les marges des compagnies aériennes, limite leur pouvoir de fixation des prix et accroît les risques de baisse des prévisions de trafic et de capacité à moyen terme", analysait ce matin Saïma Hussain, spécialiste de l'aérien chez AlphaValue.
La hausse du pétrole répercutée sur les billets
Concrètement, l'envolée des prix du kérosène est d'environ 150% en 3 semaines, portée par la baisse des exportations de brut au Moyen-Orient et des capacités de raffinage. "Les contrats à terme anticipent des prix encore nettement supérieurs en 2026, avec 100% au T2 et jusqu'à 63% au second semestre par rapport à 2025", souligne-t-on chez UBS.
Le marché ne s'y trompe pas et tout le secteur pique du nez ( -5,9% pour Finnair, -5% pour Rolls-Royce et Wizz Air, -4% pour easyJet et Lufthansa...).
Avec -5%, Air France-KLM ne fait pas exception. Son recul atteint même les 30% en un mois. Contactée ce matin par Zonebourse, la compagnie tricolore rappelle disposer d'une couverture carburant de l'ordre de 70% sur le trimestre courant et le prochain et indique suivre la situation au Proche-Orient avec la plus grande attention.
La compagnie a d'ores et déjà annoncé augmenter ses tarifs : il faudra par exemple ajouter 50 euros pour un aller-retour en classe éco sur les vols long-courriers émis depuis le 11 mars et 70 EUR sur les vols vers les États-Unis, le Canada et le Mexique pour les billets émis à compter du 19 mars 2026.
De quoi impacter la demande ? "Il est pour l'instant trop tôt pour le mesurer", prévient la compagnie.
Un profil risque/rendement défavorable
Chez AlphaValue, on estime que le profil risque/rendement du secteur reste défavorable, avec un potentiel de hausse limité à un rebond technique et un risque baissier en cas de pétrole élevé ou de tensions accrues. Des pressions supplémentaires pourraient venir d'un ralentissement des cadences et de l'après-vente, pénalisant notamment Safran et MTU.
"Les risques portent désormais sur d'éventuelles pénuries de kérosène et une rationalisation des capacités, notamment chez les compagnies les moins rentables. À l'inverse, les acteurs affichant des marges EBIT (résultat opérationnel) élevées apparaissent mieux positionnés pour maintenir leur offre", assure-t-on chez UBS.
Aux États-Unis, les compagnies suivent aussi la situation de près. En fin de semaine dernière, Scott Kirby, le directeur général de United Airlines, rappelait que le coût du carburant avait plus que doublé en quelques semaines, ce qui pourrait entraîner un surcoût annuel de onze milliards de dollars.
Les compagnies s'adaptent
Face à cette situation, United indique ajuster son offre à court terme, notamment en suspendant certaines liaisons vers Tel Aviv et Dubaï et en réduisant les capacités sur les périodes creuses.
Malgré cette pression, la compagnie insiste sur la solidité de la demande et maintient sa stratégie d'investissement à long terme, estimant être mieux positionnée que ses concurrents pour absorber ce choc.
Chez Jefferies, on estime même que les résultats du 1er trimestre du secteur aérien aux États-Unis devraient rester "globalement conformes aux prévisions initiales", la progression des recettes compensant la hausse des prix du carburant.
Ainsi, Delta Air Lines anticipe une croissance de ses revenus supérieure à 10%, tandis qu'American Airlines prévoit une perte limitée dans le bas de sa fourchette.
Dans ce contexte, certaines compagnies ajustent leur stratégie : Frontier a reporté la livraison de 69 avions Airbus A320neo à 2031-2033 et mis fin à certains contrats de location, reflétant une gestion prudente de la capacité.
De son côté, "Qatar Airways a immobilisé 20 de ses avions long-courriers en Espagne, à l'abri des risques. Cette mesure illustre bien la nécessité de limiter l'offre en temps de guerre et les risques pesant sur le secteur de la maintenance, qu'il s'agisse des motoristes (Rolls-Royce, MTU, Safran) ou de sociétés comme Lufthansa Technik ou Air France Maintenance", conclut AlphaValue.