Séance en deux temps en Europe
information fournie par Zonebourse 18/03/2026 à 17:52

D'abord dans le vert, les places européennes se dirigeaient pour la plupart vers une troisième séance consécutive de hausse, mais les inquiétudes sur la hausse des cours de l'or noir ont repris le dessus. Les grands indices du Vieux Continent ont décroché pour finir loin de leur niveau de la matinée.

Le CAC 40 a réussi à limiter la casse avec une baisse de seulement 0,06%, à 7 969,88 points, là où le DAX 40 a cédé 0,86%, et le FTSE 100 a perdu 0,97%.

Le contexte est toujours très tendu au Moyen-Orient entre les trois belligérants, puisque les frappes se poursuivent. L'Etat hébreu a continué de viser le Liban et a annoncé la mort d'Esmaïl Khatib, le ministre du Renseignement iranien, tandis que l'ambassade américaine en Irak a été visée par l'Iran.
De son côté, Donald Trump a annoncé sur son réseau social Truth que "les Etats-Unis ont été informés par la plupart de nos "alliés" de l'OTAN qu'ils ne souhaitent pas s'impliquer dans notre Opération Militaire contre le Régime Terroriste d'Iran, au Moyen-Orient". La France, via Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, a confirmé sur France Inter qu'une intervention "avec des moyens armés dans le détroit d'Ormuz est évidemment hors de question".

Les inquiétudes sur les prix de l'or noir toujours très présentes

Les places européennes, qui ont bénéficié d'une accalmie au niveau des cours de l'or noir pendant la première partie de la séance, ont ensuite perdu la totalité de leurs gains. En cause, la nouvelle poussée des prix du pétrole après une attaque israélienne d'installations liées au champ gazier de South Pars, partagé entre l'Iran et le Qatar, qui devrait amener une riposte iranienne.

Au moment de la clôture en Europe, le WTI à New York avance de 1,58%, à 96,76 dollars, et à Londres, le brent de la mer du Nord progresse de 4,61%, à 108,22 dollars.

Dans la matinée, le léger reflux des cours du pétrole était soutenu par la volonté de l'Irak de reprendre ses exportations de pétrole en passant par la Turquie via un oléoduc afin d'éviter le détroit d'Ormuz. De son côté, l'Arabie saoudite cherche également une solution et souhaite augmenter la capacité d'un oléoduc qui débouche sur la mer Rouge.

Ces solutions alternatives laissent toutefois penser que les pays producteurs de pétrole de la région se préparent à un conflit prolongé, ce que redoutent les marchés financiers. Plus sa durée sera longue, plus les cours du pétrole resteront à un niveau élevé longtemps soutenant l'inflation.
De son côté, Donald Trump a suspendu la loi Jones pour freiner la hausse des prix du carburant. Cette loi fédérale exige que toutes les marchandises transportées par eau entre des ports américains soient acheminées, sur des navires construits, possédés et exploités par des citoyens américains. En la suspendant, la capacité logistique du pays va augmenter et pourrait ainsi soulager les prix à la pompe.

Politique monétaire et statistiques

La prudence des marchés européens s'est également renforcée à l'approche de la décision de la Réserve fédérale sur sa politique monétaire. Si le statu quo est très largement privilégié pour les taux d'intérêts, la conférence de presse de Jerome Powell sera encore plus scrutée qu'à l'accoutumée. Le président de l'institution pourrait donner des indices sur le futur de la politique monétaire américaine, mais aussi sur les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur l'inflation principalement avec la hausse du prix du pétrole.

Demain, à la mi-journée, ce sera au tour de la Banque centrale européenne de rendre son verdict sur ses taux. Là aussi, ils ne devraient pas bouger, et les commentaires de la présidente de la BCE seront très importants.

Au niveau des indicateurs, l'indice des prix à la consommation de la zone euro a augmenté de 0,6% en février, soit 0,1 point de moins que prévu, portant la hausse en rythme annuel à 1,9%, une donnée conforme aux attentes.

Aux Etats-Unis, l'indice des prix à la production, une composante de l'inflation, a fortement augmenté de 0,7%, là où les analystes tablaient sur une hausse de seulement 0,3%.

Sur le marché des devises, l'euro recule face au billet vert (-0,23%), il se négocie contre 1,1511 dollar.

Dans l'actualité des valeurs

En France, Bolloré s'est particulièrement distingué et a terminé sur un gain de 11,13%. Le groupe a dévoilé des résultats annuels globalement mitigés, mais a surtout annoncé un dividende exceptionnel de 1,50 euro par titre, en plus d'un dividende ordinaire de 0,08 euro par action.

Exail Technologies a bondi de 6,05% après avoir dévoilé une nette amélioration de ses résultats, grâce à une forte croissance de l'activité et une meilleure maîtrise opérationnelle.

Virbac a progressé de 5,53%, le spécialiste de la santé animale a dévoilé des résultats annuels et des objectifs 2026 appréciés par les investisseurs.

A l'inverse, Arkema a trébuché de 4,89%, selon JPMorgan, l'impact de la situation liée au conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran est encore difficile à mesurer.

En Europe, Commerzbank a continué d'être entouré ( 1,62%). L'Italien UniCredit (-0,39%) n'exclut pas la possibilité de relever son offre destinée à porter sa participation au capital de l'établissement financier allemand à 30%.