SBF 120 : l'actionnariat salarié confirme sa dynamique et sa rentabilité information fournie par Zonebourse 24/09/2026 à 17:37
Le Panorama de l'actionnariat salarié 2026, réalisé par Eres, spécialiste de l'actionnariat salarié, de la retraite et de l'épargne salariale, révèle une année de consolidation au sein du SBF 120 : moins d'opérations qu'en 2024, mais plus d'actionnaires salariés et une part du capital détenue en progression. En dix ans, les montants collectés lors des plans d'actionnariat collectifs ont doublé.
2025 : Une année de consolidation pour l'actionnariat salarié dans le SBF 120
En 2025, 40 opérations collectives d'actionnariat salarié ont été réalisées au sein du SBF 120, contre 44 en 2024, année record. Cependant, le pourcentage d'actionnaires salariés progresse passant de 35,2% en 2024 à 36,6% en 2025. Surtout, les salariés détiennent désormais 3,08% du capital de leur entreprise en moyenne, contre 2,94% en 2024.
"L'actionnariat salarié fonctionne par cycles : après une année 2024 exceptionnelle, 2025 marque un ralentissement ponctuel, sans remettre en cause la dynamique de fond. Les entreprises du SBF 120 réalisent en moyenne une opération d'actionnariat salarié tous les deux ans et demi. Au regard de ce rythme et des opérations déjà engagées au début de 2026, nous pouvons d'ores et déjà espérer une
très belle année pour l'actionnariat salarié", commente Mathieu Chauvin, président d'Eres.
Cette dynamique se traduit également par un élargissement progressif du nombre d'entreprises concernées. Près de 7 entreprises du SBF 120 sur 10 (69,2%) ont mis en place au moins une opération d'actionnariat salarié au cours des 5 dernières années, contre seulement 56,7% sur la période équivalente trois ans plus tôt, une progression de 12,5 points qui confirme l'accélération de cette dynamique.
Entre 2015 et 2025, le montant total souscrit par les salariés du SBF 120 lors des plans d'actionnariat collectifs a doublé (1,97 MdEUR contre 3,81 MdsEUR), plaçant la France comme la référence européenne de l'actionnariat salarié.
Des gains qui s'amplifient avec la durée de détention
Sur 5 ans, une mise de 1 000 EUR atteint en moyenne 1 845 EUR ( 85%, décote et dividendes compris), voire 3 479 EUR ( 248% de gain) avec un abondement de 100%, contre 1 557 EUR (56% de gain) pour un investisseur classique. Le taux de réussite passe de 74 à 92% avec abondement.
A 11 ans, durée moyenne de détention des actions par les salariés, l'avantage est encore plus net : la mise de 1 000 EUR atteint 2 638 EUR ( 164% de gain), ou 4 925 EUR ( 393%) avec abondement de 100%, contre 125% pour un investisseur classique.
"L'actionnariat salarié permet aux collaborateurs de se constituer, avec l'aide de leur entreprise, une épargne de long terme significative, dans un cadre fiscal particulièrement favorable. A la sortie d'un PEE, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu et soumis aux seuls prélèvements sociaux applicables. Dans le SBF 120, les salariés actionnaires détiennent ainsi en moyenne plus de 40 000 EUR investis dans leur entreprise, soit l'équivalent de près de deux ans de salaire brut au SMIC", souligne Mathieu Chauvin.
Nouveauté 2026 : que se passerait-il en cas de krach ?
Pour la première fois, Eres a analysé 394 opérations d'actionnariat salarié réalisées entre 2006 et 2020. L'étude mesure à quel point la décote moyenne de 17%, l'abondement de 100% et les dividendes permettent d'amortir une chute brutale des marchés.
Il aurait fallu une baisse de 66,5% du cours pour effacer totalement l'avantage initial. C'est davantage que les baisses du CAC 40 enregistrées lors de la crise des subprimes en 2008 (-59,16%) et de l'éclatement de la bulle Internet en 2000 (-65,43%).
"La question que nous posent les salariés est toujours la même : que se passe-t-il si tout s'effondre ? La décote et l'abondement ne font pas disparaître le risque, et il faut le dire clairement. Ils repoussent toutefois très nettement le niveau de baisse à partir duquel le salarié commence à perdre de l'argent", explique Mathieu Chauvin.
Un levier de fidélisation confirmé
En associant les salariés au capital, l'actionnariat salarié renforce leur engagement et leur fidélité. Les entreprises qui en ont une très forte culture affichent un taux de démission de 5,1%, contre 9% là où cette culture est très faible, et une ancienneté moyenne de 9,7 ans, contre 7,2 ans.
Cette étude est basée sur des données publiques (documents d'enregistrement universel, communiqués de presse, rapports des assemblées générales des actionnaires) et des informations issues de la FEAS (Fédération Europeenne de l'Actionnariat Salarié). Elle ne porte que sur les opérations collectives, proposées à l'ensemble des salariés au moins en France, et non sur les opérations ciblées ni sur les attributions gratuites d'actions.
L'étude analyse l'actionnariat salarié des entreprises du SBF 120 de 2006 à 2025.