PARIS, 25 novembre (Reuters) - La Société générale SOGN.PA
et HSBC HSBA.L avaient sans doute "de bonnes raisons" de
fermer les comptes bancaires du Front national et de Marine Le
Pen, a déclaré samedi le ministre de l'Economie et des Finances.
Bruno le Maire, qui s'exprimait sur France Inter, a précisé
qu'il recevrait lundi des conclusions du gouverneur de la Banque
de France, François Villeroy de Galhau, chargé de faire la
lumière sur ce dossier.
"Si la Société générale ferme les comptes du Front national,
et par ailleurs je rappelle qu'une autre banque (HSBC-NDLR) a
fermé aussi les comptes personnels de Marine le Pen, c'est
qu'elle a de bonne raisons de le faire", a-t-il dit.
"Je fais confiance aux institutions bancaires françaises", a
ajouté Bruno Le Maire.
La présidente du parti d'extrême droite s'est insurgée
mercredi, lors d'une conférence de presse, contre les décisions
des deux établissements, qu'elle a qualifiées de "fatwa
bancaire" et de "tentative d'étouffement".
Selon les dirigeants frontistes, la SocGen les a prévenus
par une lettre datée du 27 juillet dernier et les comptes du
parti ont été clôturés le 10 novembre. Une quinzaine de
fédérations ont subi la même contrariété.
Marine Le Pen a par ailleurs dit avoir été avertie mercredi
par HSBC de sa volonté de fermer un compte personnel, sans autre
explication selon elle que "le manque d'informations sur
l'origine des fonds".
"J'ai saisi la Banque de France. Le gouverneur de la Banque
de France me rendra des conclusions lundi", a fait savoir Bruno
Le Maire sur France Inter.
La Société générale a réfuté les accusations du FN dans un
communiqué publié mercredi.
"Les décisions du groupe Société générale en matière
d'ouverture et fermeture de compte sont de nature exclusivement
bancaire (...), et donc sans aucune considération politique",
pouvait-on lire dans ce communiqué.
"Les relations que nous entretenons avec eux sont régies par
un ensemble d'obligations réglementaires auxquelles nous nous
conformons", a pour sa part réagi HSBC via une porte-parole.
(Simon Carraud, édité par Eric Faye)