Sanofi relève ses prévisions pour 2026 et veut accélérer sur l'innovation information fournie par Boursorama avec AFP 30/07/2026 à 18:16
Trois mois après sa prise de fonction, la nouvelle patronne de Sanofi, Belén Garijo, entend "accélérer l'innovation", saisir de "nouvelles opportunités de croissance" et renforcer son ancrage en Chine.
"Notre priorité stratégique demeure inchangée et nous restons engagés en immunologie, dans les maladies rares et les vaccins, tout en recherchant de potentielles nouvelles opportunités de croissance additionnelle", a déclaré jeudi Mme Garijo au cours d'une conférence de presse téléphonique.
La dirigeante espagnole envisage de "renforcer les collaborations" en vue d'"accélérer l'innovation et créer de la valeur à long terme pour les patients et nos actionnaires".
Ce message n'a pas suffi à rassurer les investisseurs dans l'immédiat: à la Bourse de Paris, l'action a décroché de 9,40%.
Depuis début 2026, le titre a perdu plus de 12%.
Le marché ne sanctionne "pas les résultats, qui sont très bons", avec "des prévisions de ventes qui ont même été relevées", mais "c'est une question de lassitude", a commenté François Dossou, directeur de la Gestion Actions Listed Assets au sein de Sienna.
"On n'a pas appris grand-chose de la conférence téléphonique. Il y a beaucoup de doutes sur la capacité du groupe à trouver de nouveaux blockbusters", a-t-il indiqué à l'AFP. Ce manque de visibilité est combiné au "risque d'aller chercher, en fait, de la croissance externe à un prix très élevé".
Les investisseurs s'interrogent depuis plusieurs années sur la capacité de Sanofi à renouveler son portefeuille de médicaments en développement, craignant le vide que laissera le médicament star du groupe, le Dupixent, une fois qu'il aura perdu son brevet vers 2031.
"Rigueur scientifique"
L'anti-inflammatoire vedette a encore fait des étincelles au deuxième trimestre, contribuant à hauteur de plus de 5 milliards d'euros au chiffre d'affaires du groupe.
"La prévision de ventes de Dupixent pourrait atteindre environ 25 milliards d’euros en 2030 (...)", selon la direction.
Le pipeline de Sanofi compte actuellement 61 projets dans ses trois principaux domaines thérapeutiques.
Son analyse est encore en cours, a souligné l'ancienne patronne du laboratoire allemand Merck, qui souhaite renforcer l'innovation au sein de Sanofi notamment par "les fusions-acquisitions" et "les partenariats stratégiques".
Lors de ses premières semaines, Mme Garijo a nommé un nouveau responsable de la recherche et développement, restructuré son comité exécutif, et renoncé à poursuivre le développement de son traitement expérimental amlitélimab contre la dermatite atopique.
Réaliser pleinement le potentiel du groupe passe par "une plus grande rigueur scientifique", "une responsabilité renforcée de l’équipe dirigeante" et "une prise de décision plus rapide", estime le nouveau numéro un de Sanofi.
"Nous continuerons d'investir là où la science est la plus solide, là où les besoins médicaux sont les plus criants et là où nous pouvons créer une valeur durable à long terme", a conclu Mme Garijo, insistant toutefois sur la nécessité de maintenir une grande discipline dans l’utilisation des capitaux du groupe.
Cap sur la Chine
Les performances du deuxième trimestre donnent à la nouvelle dirigeante une assise financière solide : le chiffre d'affaires ressort en hausse de 16% à 11,597 milliards d'euros, porté par les lancements pharmaceutiques récents et par le Dupixent (+37,6 %),
Son indicateur de rentabilité, le résultat net des activités, a augmenté de 28,9% à 2,5 milliards d'euros.
Ces résultats conduisent le groupe à relever ses objectifs pour 2026 : Sanofi anticipe un taux de croissance de son chiffre d'affaires "autour de 10%".
Consciente de l'influence grandissante de la Chine dans les chaînes d'approvisionnement mondiales de médicaments, Mme Garijo entend aussi y renforcer l'ancrage de Sanofi, qui a implanté un centre de recherche en oncologie et en immuno-inflammation à Suzhou et possède un site de production à Pékin.
Mme Garijo voit dans la Chine "un écosystème d'innovation dynamique et d'importantes opportunités à long terme".
Une approche qui s'inscrit dans une tendance plus large: les grands laboratoires (comme récemment Pfizer, Bristol Myers Squibb) multiplient les accords avec des biotechs chinoises pour collaborer sur des médicaments.
La Chine devance désormais l'Union européenne et les États-Unis dans la découverte de nouvelles substances actives pour les médicaments, selon une étude publiée début juillet par la fédération européenne de l'industrie pharmaceutique.