(Actualisé avec sources, annonce Samsung, précisions)
SEOUL, 10 octobre (Reuters) - Samsung Electronics
005930.KS a suspendu la production de ses smartphones Galaxy
Note 7 à la suite d'informations établissant que des modèles de
remplacement du téléphone pouvaient également prendre feu, a dit
lundi une source, un nouveau revers pour le géant technologique
dans le plus grand rappel de produits de son histoire.
Deux opérateurs télécoms américains, AT&T T.N et T-Mobile
US TMUS.O , ainsi que l'australien Telstra TLS.AX ont annoncé
une suspension temporaire de la vente ou de l'échange des Note
7, et les compagnies aériennes continuent d'interdire son
utilisation en vol depuis le nouvel incident survenu la semaine
dernière dans un avion américain.
La source a confirmé une information de l'agence
sud-coréenne Yonhap, qui a fait baisser le cours de Bourse de
Samsung de 1,52% à la Bourse de Séoul.
Dans un avis financier, Samsung s'est borné à annoncer un
"ajustement" des livraisons du Note 7 pour permettre des
inspections et un meilleur contrôle de la qualité compte tenu
des cas d'incendie qui lui ont été signalés.
Le 2 septembre, le premier fabricant mondial de smartphones
avait annoncé le rappel d'au moins 2,5 millions de son Galaxy
Note 7 dont la batterie risquait de s'enflammer.
Le groupe a commandé des batteries chez un autre fournisseur
et commencé à livrer des appareils de remplacement seulement
deux semaines plus tard. Mais le nouvel incident survenu le 5
octobre à bord d'un avion de la Southwest Airlines le replonge
dans la tourmente.
Certains courtiers ont évalué à au moins 1.000 milliards de
wons (804 millions d'euros) l'impact du rappel sur le bénéfice
de la division mobile du groupe. S'il est confirmé que le modèle
de remplacement a également un défaut technique, ce coût est
susceptible d'augmenter encore.
Surtout, l'image du groupe risque d'être durablement
écornée.
"Pour moi la meilleure chose à faire serait de renoncer
purement et simplement au Note 7", a déclaré Park Jung-hoon,
gérant chez HDC Asset Management qui détient des actions de
Samsung dans son portefeuille. "Les gens en viennent à douter
des qualités fondamentales de Samsung et c'est dangereux, il est
donc important qu'il tourne vite la page."
Pour Eric Schiffer, spécialiste de la stratégie des marques
et président du cabinet Reputation Management Consultants, "si
le Note 7 est maintenu il pourrait conduire au plus important
acte d'auto-destruction dans l'histoire des technologies
modernes."
"Samsung doit passer le Note 7 par pertes et profits et le
laisser au musée des horreurs à côté de la Ford Pinto",
ajoute-t-il en faisant allusion à un scandale qui avait affecté
le constructeur automobile Ford F.N dans les années 1970.
Les déboires du Note 7 coïncident avec une campagne lancée
contre Samsung par le fonds activiste Elliott Management, qui
réclame une scission du groupe en deux et le versement d'un
dividende spécial.
(Se Young Lee, Benoît Van Overstraeten et Véronique Tison pour
le service français)