(Version complétée)
par Joseph White
SHANGHAI, 18 avril (Reuters) - PSA PEUP.PA a besoin
d'accélérer ses réductions de coûts et le déploiement de ses SUV
en Chine pour y redresser la barre en termes de rentabilité et
de ventes, a déclaré mardi le président du directoire du
constructeur automobile au salon de Shanghai.
La Chine est historiquement le principal axe
d'internationalisation des ventes du groupe français, toujours
très dépendant de l'Europe. Mais la concurrence accrue des
constructeurs chinois pèse depuis plusieurs mois sur les ventes
et la rentabilité des filiales chinoises.
PSA "a besoin de réduire bien davantage ses coûts" dans les
achats, la logistique et la fabrication s'il veut compenser la
baisse des prix en Chine, a dit Carlos Tavares à la veille des
journées presse du salon. "Il sera nécessaire très prochainement
de changer le business model des opérations sur ce marché."
"(Le) business model (a été) établi à l'époque où la
croissance était présente dans tous les compartiments du jeu",
a-t-il ajouté. "Il faut en définir un autre (...) qui va se
rapprocher beaucoup plus de ce que nous connaissons dans
d'autres zones dites matures."
Sur les deux premiers mois de l'année, les ventes de PSA ont
encore accentué leur baisse en Chine et en Asie du Sud-Est, à
-49,1% après -16% sur l'ensemble de 2016.
Le groupe compte sur des lancements, comme le nouveau SUV de
taille moyenne Citroën C5 Aircross dévoilé à Shanghai, pour
redresser la barre dans la région. Pour y porter sa marge à 10%
d'ici 2021, il a aussi engagé en Chine en 2015 un plan de
redressement à l'image de ce qu'il a lancé en Europe, en
Amérique latine et en Russie.
Carlos Tavares a reconnu mardi que la cible de 20% de
réduction des frais fixes annoncée lors du lancement du plan
était "difficile" à atteindre.
PSA s'est également donné pour objectif de réduire de 10%
par an les coûts variables, pendant au moins deux ans, et a fixé
un plancher pour les tarifs de vente afin de casser la spirale
de la guerre des prix.
Pour piloter la restructuration, le groupe a nommé l'été
dernier à la tête de la région Chine Denis Martin, directeur
industriel de PSA lors de la fermeture de l'usine
d'Aulnay-sous-Bois.
(Avec Laurence Frost et Gilles Guillaume à Paris, édité par
Dominique Rodriguez)