* RWE prêt à réduire sa participation dans Innogy à 51%
* Intérêt prêté à Engie sur Innogy
* Vaste réorganisation du secteur possible
(Actualisé avec autres déclarations, commentaires d'analystes,
contexte, cours de Bourse)
par Christoph Steitz et Tom Käckenhoff
ESSEN, Allemagne, 14 mars (Reuters) - RWE RWEG.DE
réfléchit à ses options stratégiques, y compris à des alliances
ou à la vente d'une participation dans sa filiale Innogy
IGY.DE , a déclaré mardi le président du directoire de
l'électricien allemand, laissant ainsi entrevoir une vaste
réorganisation d'un secteur confronté à des bouleversements.
"Nous sommes en contact régulier avec un grand nombre de
participants au marché. Nous examinons en permanence toutes les
options stratégiques qui s'offrent à notre entreprise", a dit
Rolf Martin Schmitz lors de la conférence de presse de
présentation des résultats annuels du groupe.
Ces déclarations interviennent à la suite de la publication
d'une dépêche de Bloomberg faisant état d'un intérêt de la part
du français Engie ENGIE.PA pour Innogy, la filiale de réseaux
et d'énergies renouvelables que RWE a introduite en Bourse l'an
dernier en conservant 76,8% du capital.
Prié de dire si RWE pourrait pour sa part chercher à mettre
la main sur Uniper UN01.DE , entité dans laquelle son
concurrent E.ON EONGn.DE a placé ses centrales électriques au
gaz et au charbon et ses activités de courtage d'énergie, Rolf
Martin Schmitz a répondu: "Nous examinons toutes les options. Et
toutes les options, cela veut dire toutes les options."
La volonté des responsables politiques allemands de sortir
du nucléaire et de promouvoir les énergies renouvelables a
contraint RWE et E.ON à repenser entièrement leur modèle
d'entreprise.
Les perspectives ouvertes par Rolf Martin Schmitz permettent
aux titres RWE et Innogy de prendre respectivement 8,09% et
7,66% en Bourse de Francfort, les deux plus fortes hausses de
l'indice européen Stoxx 600 .STOXX à 12h40 GMT, tandis que
l'action E.ON gagne 1,14% et qu'Engie cède -1,62%. Le titre
Uniper s'adjuge pour sa part de 4,23%.
MORGAN STANLEY POSITIF SUR UN RACHAT D'INNOGY PAR ENGIE
Les analystes de Morgan Stanley pensent qu'un rachat
d'Innogy par Engie aurait du sens. Pour eux, cela permettrait à
l'ancien monopole français du gaz d'avoir accès à une clientèle
en Grande-Bretagne et à des réseaux en Allemagne et d'augmenter
la part de son bénéfice tiré des tarifs réglementés.
Isabelle Kocher, la directrice générale d'Engie, met en
oeuvre un plan de transformation du groupe énergétique français
visant à mettre l'accent sur les réseaux et les énergies
renouvelables.
Le titre Engie a chuté de plus de 70% depuis ses plus hauts
de 2008 et sa capitalisation boursière de plus de 30 milliards
d'euros est désormais nettement inférieure à sa valeur
comptable, ce qui rendrait très onéreuse une acquisition d'une
entreprise de la taille d'Innogy via une augmentation de
capital.
Les analystes de HSBC ne s'attendent pas à voir Engie
émettre une offre sur Innogy, dont la capitalisation boursière
approche les 20 milliards d'euros. A leurs yeux, le portefeuille
d'activités de l'entreprise allemande ne correspond pas aux
"ambitions de croissance (d'Engie) dans lesquelles l'efficacité
énergétique et le solaire occupent une grande place".
Innogy et Engie, contrôlé à 28,65% par l'Etat français, ont
refusé de s'exprimer sur le sujet.
"Il faudrait aussi jeter un regard positif vers E.ON, qui
pourrait être une cible aussi intéressante (et moins chère) pour
Engie si RWE venait à rejeter son offre", pense Deepa
Venkateswaran, analyste chez Bernstein.
RWE affiche l'ambition de rester l'actionnaire majoritaire
d'Innogy à long terme. Il a déclaré mardi qu'une décision de son
conseil d'administration l'autorisait à ramener sa participation
dans Innogy à 51%.
Le groupe de services aux collectivités a annoncé le mois
dernier qu'il passerait le dividende sur ses actions ordinaires
pour une deuxième année consécutive . Rolf Martin
Schmitz a déclaré mardi qu'il ne serait pas judicieux de
financer le versement d'un dividende par l'endettement ou la
vente d'une participation dans Innogy.
Voir aussi :
BREAKINGVIEWS: Engie can offer RWE a new spin on spinoff
(Avec Vera Eckert et Geert De Clercq à Paris; Bertrand Boucey
pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten et
Véronique Tison)