* Les achats étrangers en Russie atteignent $4,6 mds en 2017
* Le montant total des M&A en baisse
* Deutsche Bank, première banque conseil
par Dasha Afanasieva
LONDRES, 6 juillet (Reuters) - Les acquisitions
d'entreprises russes par des investisseurs étrangers ont renoué
avec des niveaux atteints avant l'entrée en vigueur de sanctions
internationales contre la Russie en 2014, montrent des données
de Thomson Reuters.
Le montant des fusions et acquisitions (M&A) par des
investisseurs étrangers s'élève déjà à 4,6 milliards de dollars
(4 milliards d'euros) en 2017, soit quasiment le triple que sur
la même période en 2016 (1,6 milliard de dollars). Cela
représente le plus fort montant depuis la même période en 2012.
Deutsche Bank DBKGn.DE est la principale banque conseil
sur le marché russe des M&A.
Cela montre que les banques occidentales et les entreprises
sont plus enclines à conclure des accords avec Moscou, en dépit
des sanctions imposées par les Etats-Unis et l'Union européenne
après l'annexion de la Crimée.
Ces sanctions, auxquelles s'ajoute la baisse des cours du
pétrole, ont pesé sur l'économie russe, bien que la faiblesse du
rouble RUB= , dont le cours évoluait autour de 60 pour un
dollar le mois dernier, ait rendu les actifs russes plus
attractifs.
"Il y a eu une accélération. Je pense qu'elle est largement
due à de meilleurs perspectives économiques, plus qu'à un
apaisement du contexte géopolitique. Les gens se sont habitués
aux sanctions", dit Alexei Yakovitsky, directeur général du
russe VTB Capital VTBR.MM .
VTB Capital se classe au troisième rang des établissements
conseil, derrière Morgan Stanley MS.N et Deutsche Bank.
Les opérations réalisées par les investisseurs étrangers en
Russie représentent plus de la moitié des transactions totales
réalisées jusqu'ici.
En incluant les opérations conclues entre entreprises
russes, qui ont marqué le pas, le montant global des M&A
s'établit à 7,5 milliards de dollars, contre 10,3 milliards de
dollars en 2016. Le résultat de l'année dernière a été gonflé
par le rachat par la compagnie publique gazière Gazprom
GAZP.MM de ses propres actions à la banque VEB, une opération
à 2,02 milliards de dollars.
UNE "NOUVELLE NORMALITÉ"
Deutsche Bank doit sa première place à son rôle dans la plus
grande opération de rachat menée cette année sur le marché
russe. En mars, le groupe énergétique autrichien OMV OMVV.VI a
racheté la participation de 25% qu'Uniper UN01.DE possédait
dans l'un des plus importants gisements de gaz russes pour 1,75
milliard d'euros.
La banque allemande a déclaré en juin vouloir développer sa
présence en Russie.
Malgré tout, les établissements bancaires opèrent prudemment
en Russie, attendant de voir si la reprise des investissements
étrangers se confirme.
En juin dernier, Washington a imposé de nouvelles sanctions
à 38 personnalités et entités en raison du rôle de Moscou dans
le conflit ukrainien, douchant les espoirs de ceux qui espérait
voir le contexte politique s'améliorer avec l'élection de Donald
Trump.
"Nous sommes parvenus à une nouvelle normalité. Je ne
m'attends pas spécialement à ce que les opérations retrouvent
leur niveau d'avant la crise", a dit à Reuters un responsable
d'une grande banque d'investissement basée à Moscou.
L'Autriche est le premier acquéreur en Russie, devant la
Chine. Un consortium mené par Fosun International 0656.HK a
pris une participation de 10% dans le producteur de minerai d'or
Polyus PLZL.MM .
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Russian rouble and oil price over 12 months http://reut.rs/2tUiLwf
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(Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité
par Bertrand Boucey)