Rumeurs européennes sur le CO2, Paris s'envole, Wall Street hésite
information fournie par Zonebourse 04/02/2026 à 17:51

La Bourse de Paris conclut la journée sur un gain de 1,01%, à 8 262 points, tirée par Air Liquide ( 5,7%), Renault ( 5,1%) ou encore Pernod Ricard ( 5%).

La séance a été agitée sur les marchés actions alors qu'il se murmure que la Commission européenne pourrait assouplir son système d'échange de quotas d'émission en prolongeant la distribution de quotas de CO2 aux industriels.

L'information, dévoilée par le quotidien allemand Handelsblatt, a fait plonger les sociétés (Vicat, Holcim...) qui avaient fortement investi dans la décarbonation, mais profite, au contraire, à d'autres acteurs polluants - les chimistes notamment. Conséquence ? Air Liquide signe la plus forte progression du jour ( 5,7%), suivi de près par le secteur auto Renault ( 5,1%), Stellantis ( 3,4%) ou encore Michelin ( 3,4%).

En Europe, Londres termine aussi en nette hausse ( 1%). La City est notamment tirée par Entain ( 10,5%) qui s'envole après les résultats de sa filiale BetMGM. MGM, qui détient l'autre moitié de BetMGM, s'envole pour sa part de 11% sur le S&P500.

En revanche, Francfort (-0,5%) est plombé par son cimentier Heidelberg Materials (-9,8%) et par Siemens (-7%).

Aux Etats-Unis, les marchés sont hésitants, les investisseurs composant avec un repli de 1,5% du Nasdaq mais une hausse de 0,6% du Dow Jones, tandis que le S&P 500 évolue entre les deux, à -0,5%.

Les valeurs en mouvement

Publicis recule de 2,2% et fait partie des plus fortes baisse du CAC 40 au lendemain de la publication de ses résultats annuels. Le titre subit notamment une dégradation de Barclays, qui est passé à "pondération en ligne" contre "surpondérer".

Oddo BHF réitère son opinion "surperformance" sur Amundi, avec un objectif de cours relevé de 80 à 84 euros à fin 2026 (c'est-à-dire après détachement du DPS) pour intégrer la bonne dynamique opérationnelle et le montant de SBB (programme de rachat d'actions) annoncé.

TotalEnergies et Tikehau Capital vont créer une plateforme d'investissement commune, destinée à soutenir le déploiement d'infrastructures de recharge pour véhicules électriques dans l'espace public urbain en Belgique et aux Pays-Bas.

Soitec ( 23,3%) se redresse après une amélioration séquentielle bien plus marquée que prévu. Le chiffre d'affaires trimestriel ressort à 160 millions d'euros, en baisse de 29% sur un an, mais progresse de 18% par rapport au trimestre précédent, porté par l'Edge & Cloud AI. Cette accélération inattendue en fin d'année l'emporte sur la faiblesse persistante des smartphones et de l'automobile.

En Europe, Novo Nordisk (-17%) chute brutalement après la publication de perspectives 2026 nettement inférieures aux attentes. Le laboratoire anticipe une baisse ajustée des ventes et du résultat opérationnel comprise entre 5% et 13%, sous l'effet de fortes pressions sur les prix aux Etats-Unis et d'une concurrence accrue sur les traitements contre l'obésité. Ce changement de régime, inédit depuis le lancement de Wegovy, provoque une onde de choc sur le titre malgré des ventes trimestrielles supérieures aux prévisions.

Une pluie d'indicateurs

Outre-Atlantique , le secteur privé américain a créé 22 000 emplois en janvier, contre un consensus de 46 000, après 41 000 en décembre, selon l'enquête ADP.
La croissance du secteur privé des Etats-Unis a accéléré modérément en janvier, à en croire l'indice PMI composite de S&P Global, qui est ressorti à 53, contre 52,7 au mois de décembre 2025.

L'indice des directeurs d'achat pour le secteur non manufacturier est ressorti à 53,8 en janvier, contre un consensus de 53,5, a annoncé l'Institute of Supply Management (ISM). Il s'était établi à 53,8 en décembre.

"En l'absence du rapport sur l'emploi de cette semaine, les statistiques publiées par le secteur privé (ADP, ISM) continuent de montrer une très faible dynamique pour le marché du travail américain. En dehors du secteur de la santé, le secteur privé détruit des emplois en moyenne sur les derniers mois", commente Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques chez CPR AM.

Les données publiées par l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) montrent que les stocks de pétrole brut aux Etats-Unis s'élevaient à 420,3 millions de barils lors de la semaine du 26 janvier, signalant une baisse de 3,5 millions de barils par rapport à la semaine précédente, là où les spécialistes anticipaient un repli plus limité de 2 millions de barils.

En France, l'indice HCOB PMI composite de l'activité globale s'est, pour la première fois depuis trois mois, établi en dessous de la barre des 50 du sans changement en janvier, à 49,1 contre 50 en décembre.

En Allemagne, l'indice PMI des services est ressorti en janvier à 52,4 contre 53,3 attendu après 52,7 en décembre.
En zone euro, l'indice PMI composite HCOB de l'activité globale s'est replié de 51,5 en décembre à 51,3 en janvier, signalant une croissance peu marquée de l'activité du secteur privé de la zone euro, la plus faible depuis septembre dernier.

Très scrutée, l'inflation annuelle de la zone euro devrait atteindre 1,7% en janvier 2026, en baisse par rapport à 2% en décembre, selon une estimation rapide d'Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne, conforme en tous points aux attentes des économistes.

Vers une BCE sans surprise... mais quand même scrutée de près

Demain, la réunion de la Banque centrale européenne devrait, selon toute vraisemblance, entériner un statu quo quant à la politique monétaire.

"L'absence de surprise sur l'inflation de janvier conforte le scénario de référence de la BCE, qui prévoyait un net ralentissement de l'inflation début 2026 grâce aux composantes énergie et services. Elle vient confirmer que la BCE est actuellement "bien positionnée" et que la marche est haute pour qu'elle soit amenée à agir dans un sens comme dans l'autre. Le statu quo actuel est fait pour durer", note Juliette Cohen, stratégiste chez CPR AM.

Toutefois, "compte tenu du recul de l'inflation sous-jacente, le risque d'une baisse des taux d'intérêt est probablement plus élevé que celui d'une hausse", ajoute pour sa part le Dr Vincent Stamer, analyste chez Commerzbank.

Berenberg se risque encore davantage : "nous prévoyons que la Banque centrale européenne (BCE) relèvera son taux directeur à partir de mi-2027, le faisant passer de son niveau actuel de 2% à un niveau proche de l'équilibre, soit environ 3% début 2028. Par conséquent, la croissance devrait se modérer et revenir à son rythme tendanciel en 2028", assure Holger Schmieding, Chief Economist.

Le reste de l'actualité en chiffres

A Londres, le Brent recule de 0,5%, autour de 67,5 dollars américains (USD) le baril.
L'or se replie de 0,4% vers 4 925 dollars américains (USD) l'once.
Le Bitcoin poursuit sa contraction et lâche 2%, vers 74 000 dollars américains (USD).
Enfin, l'euro cède 0,2% face au billet vert, autour de 1,179 dollar américain (USD).