ROME, 25 août (Reuters) - Le gouvernement italien va se
réunir ce vendredi pour discuter de l'influence de Vivendi
VIV.PA sur Telecom Italia TLIT.MI et voir si Rome peut
exercer ses pouvoirs extraordinaires sur l'opérateur télécoms, a
appris Reuters d'une source gouvernementale.
"La réunion d'aujourd'hui pourrait ne pas être décisive", a
précisé la source.
Une seconde source a déclaré qu'un entretien bilatéral prévu
fin septembre entre le président Emmanuel Macron et le président
du conseil Paolo Gentiloni pourrait être un moment clé de la
prise de décision dans ce dossier.
"La réunion d'aujourd'hui est une parmi d'autres", a dit
cette source.
Vivendi, joint par Reuters, a renvoyé vers Telecom Italia
qui s'est refusé à tout commentaire.
Rome veut savoir si Vivendi exerce un contrôle de fait sur
Telecom Italia (TIM), ancien monopole dont il détient 24% du
capital et qui est considéré en Italie comme une entreprise
nationale stratégique, et si le groupe français de médias aurait
dû informer les autorités du changement de tour de table de
l'opérateur.
Le gouvernement italien vérifie aussi s'il peut user du
"golden power", une loi qui, au nom de la préservation des
secteurs stratégiques, lui permet de mettre son veto à certaines
opérations, cession d'actifs, fusion ou encore prise de contrôle
d'une entreprise.
Telecom Sparkle, la filiale de TIM qui fournit des services
télécoms internationaux, est vue comme un actif particulièrement
sensible en raison de son réseau de câbles sous-marins qui relie
l'Italie à différents pays d'Europe, à la Méditerranée et aux
Amériques.
Ces derniers jours, Vivendi a présenté à l'Italie ses
propres documents. Le groupe français de médias considère qu'il
n'exerce "aucun contrôle de fait" sur Telecom Italia. Il avait
admis fin juillet une "activité de coordination et de direction"
dans TIM.
Emmanuel Macron recevra Paolo Gentiloni lundi prochain dans
le cadre d'un mini-sommet européen avec l'Allemande Angela
Merkel et l'Espagnol Mariano Rajoy. Le dossier Vivendi/Telecom
Italia ne figure pas, du moins officiellement, à l'ordre du jour
des discussions franco-italiennes à l'Elysée.
(Massimiliano Di Giorgio, avec Stephen Jewkes et Dominique
Rodriguez, édité par Jean-Michel Bélot)