par James Regan et Terrence Edwards
SYDNEY/OULAN BATOR, 6 mai (Reuters) - Le groupe minier Rio
Tinto RIO.LRIO.AX a donné vendredi le feu vert définitif aux
travaux de mise en exploitation, pour 5,3 milliards de dollars
(4,6 milliards d'euros), de la mine d'Oyu Tolgoi en Mongolie,
l'une des étapes clés de son développement sur le marché du
cuivre.
Le gisement d'Oyu Tolgoi, dans le désert de Gobi, est l'un
des plus importants du monde et il constitue l'un des principaux
axes de la stratégie de Rio Tinto visant à assurer sa croissance
tout en réduisant sa dépendance au marché du minerai de fer. Une
fois atteinte sa pleine capacité, il représentera la troisième
mine de cuivre du monde.
Pour la Mongolie, le projet constitue le plus important
investissement étranger lancé à ce jour. Selon les projections
initiales, au plus haut, la production d'Oyu Tolgoi pourrait
représenter à elle seule un tiers de l'activité économique du
pays.
La décision officialisée vendredi marque aussi une victoire
pour Jean-Sébastien Jacques, qui prendra en juillet ses
fonctions de directeur général de Rio Tinto et a piloté depuis
deux ans et demi les discussions avec les autorités mongoles sur
la répartition des coûts et la fiscalité du projet.
"Les fondamentaux à long terme du marché du cuivre restent
solides", a-t-il assuré vendredi dans le communiqué annonçant la
décision sur Oyu Tolgoi.
Le cours du cuivre évolue actuellement non loin de son plus
bas niveau depuis sept ans, conséquence des surcapacités dont
souffre le marché mondial. Mais Rio Tinto, en s'appuyant sur la
diminution des découvertes de nouvelles ressources, espère que
le marché sera déficitaire lorsque le gisement de Mongolie
entrera en production.
Le groupe, qui a réalisé en 2015 87% de son bénéfice courant
dans le minerai de fer mais souhaite réduire le poids de cette
activité, possède 66% du projet Oyu Tolgoi via sa filiale
Turquoise Hill TRQ.TO , le solde étant aux mains de l'Etat
mongol.
Le développement du gisement prévoit le creusement de 200 km
de tunnels pour une mise en production en 2020.
Vingt banques internationales ont accepté en décembre de
prêter 4,4 milliards de dollars à Rio Tinto pour ce projet.
(Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid
Exbrayat)