Richemont: Les ventes au T3 dépassent les attentes, reprise en Chine information fournie par Reuters 15/01/2026 à 13:56
Richemont a annoncé jeudi une augmentation de 4% de ses ventes au troisième trimestre, dépassant les attentes, grâce à une demande toujours forte pour les bijoux haut de gamme, mais le titre du propriétaire de Cartier est instable en Bourse dans un contexte de prudence et de prise de bénéfices parmi les investisseurs.
La deuxième plus grande entreprise de luxe au monde, dont les marques comprennent également Van Cleef & Arpels et Buccellati, a affirmé que ses ventes de septembre à décembre avaient augmenté pour atteindre 6,40 milliards d'euros, contre 6,15 milliards d'euros un an plus tôt.
Ce chiffre est supérieur au consensus des analystes de 6,28 milliards d'euros cité par Visible Alpha.
À taux de change constant, les ventes de Richemont ont augmenté de 11%, soit un léger ralentissement par rapport au chiffre de 14% enregistré au cours des trois mois précédents.
Les résultats de Richemont fournissent les premiers indices sur la demande de produits de luxe en cette nouvelle année marquée jusqu'à présent par davantage de troubles géopolitiques et la faillite de l'un des plus grands groupes de distribution du secteur, Saks Global.
LVHM doit publier ses résultats annuels à la fin du mois, suivi par Hermès et Kering en février. La plus petite marque italienne de cachemire Brunello Cucinelli a été la première du secteur à publier ses ventes trimestrielles cette semaine.
"Dans l'ensemble, les chiffres sont très solides et les bijoux restent le moteur", a déclaré Jon Cox, analyste chez Kepler Cheuvreux.
"La Chine et Hong Kong ont connu un ralentissement par rapport aux 7% enregistrés au deuxième trimestre, mais cela tient davantage à des facteurs comparables. Personne ne s'attend vraiment à une reprise soudaine dans la région, mais plutôt à une stabilisation", a-t-il ajouté.
Cependant, après avoir ouvert en hausse, le titre Richemont s'est retourné à la baisse en début de séance pour perdre près de 3%, avant de se stabiliser à +0,20% à 173,65 francs suisses vers 12h20 GMT.
"La reprise (du secteur) en 2026 est désormais plus ou moins attendue par les acteurs du marché, et le léger ralentissement séquentiel de Richemont (...) pourrait avoir suscité une certaine prudence, en particulier chez les entreprises qui ont récemment enregistré de solides performances", explique l'analyste de Morningstar.
Richemont a entraîné une partie du luxe européen dans sa baisse, les analystes interrogés par Reuters évoquant notamment des prises de bénéfices après la forte reprise du secteur au second semestre.
LE MARCHÉ CHINOIS POURSUIT SA REPRISE
Les performances de la Grande Chine, "principalement tirées par une activité solide à Hong Kong", ont permis à Richemont d'enregistrer une amélioration de ses ventes dans la région pour le deuxième trimestre consécutif, après une hausse de 7% au cours des trois mois précédents.
La Chine a été le principal moteur de la croissance du luxe ces dernières années, mais elle est confrontée à une crise immobilière persistante et à un changement dans les préférences des consommateurs qui pèse sur la demande pour les marques occidentales.
Les tendances rapportées par Richemont en Chine "peuvent être considérées comme un moment charnière", a déclaré Piral Dadhania, analyste chez RBC, dans une note, ajoutant que ces performances constituent un signal positif pour l'ensemble du secteur du luxe.
La demande en Chine, où la plupart des maisons européennes ont vu leurs ventes chuter lourdement l'année dernière, est considérée comme un facteur décisif pour le retour à une croissance soutenue de l'industrie du luxe.
"Le consommateur chinois détient la clé du luxe et constitue donc le thème sectoriel essentiel pour 2026", a dit Nick Anderson, analyste chez Berenberg, dans une note récente adressée à ses clients.
Les ventes de bijoux de Richemont ont quant à elles augmenté de 14%, grâce au lancement de nouveaux articles tels que des bracelets et des pendentifs, généralement un peu moins chers et très prisés pendant la période des fêtes.
L'activité horlogère de la société, qui comprend les marques IWC et Jaeger-LeCoultre, a vu ses ventes augmenter de 7%.
(Rédigé par John Revill, Mara Vîlcu pour la version française, édité par Blandine Hénault et Augustin Turpin)