"Retards considérables" : l'Allemagne abandonne le programme de frégates F126, Rheinmetall chahuté à Francfort information fournie par Boursorama avec Media Services 24/06/2026 à 13:51
Le groupe Damen "n'a pas respecté les délais ni les coûts prévus", a déclaré le ministère de la Défense dans un communiqué pour expliquer sa décision.
Le programme de frégates F126 ne verra pas le jour : échaudé par des "retards considérables", le ministère de la Défense allemand a annoncé mercredi 24 juin l'abandon du projet. A la place, le gouvernement étudie l'achat de huit frégates MEKO A‑200, plus petites, auprès de l'allemand TKMS.
Berlin ne poursuivra pas la construction de six navires, initialement confiée au chantier naval néerlandais Damen, avant l'arrivée ultérieure de Rheinmetall comme candidat à la reprise du projet. En conséquence, l'action de Rheinmetall était malmenée à la Bourse de Francfort, cédant en matinée jusqu'à 17%, pendant que celle de TKMS grimpait de jusqu'à 12%.
La commande de frégates F126 de nouvelle génération devait être la plus importante passée par la marine allemande depuis des années , dans un contexte où Berlin cherche, au sein de l'Otan, à moderniser des forces armées vieillissantes après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Risque de "surcoûts massifs"
Le groupe Damen "n'a pas respecté les délais ni les coûts prévus", a déclaré le ministère de la Défense dans un communiqué pour expliquer sa décision.
Le programme, lancé en 2020 pour environ 10 milliards d’euros, prévoyait une première livraison en 2028 et l'ensemble des six navires d'ici 2033.
Face aux retards, le ministère a étudié un transfert du contrat vers un autre chantier naval Lürssen, basé à Brême dans le nord de l'Allemagne, dont le rachat par Rheinmetall a été finalisé en mars, ce qui aurait fait de ce dernier le nouveau maître d’œuvre du projet. Mais cette option aurait entraîné des surcoûts massifs : "Environ 15,2 milliards d'euros pour six navires, et plus de 18 milliards au total en incluant les engagements déjà pris", justifiant l'abandon du projet, selon le ministère.
Berlin va désormais commander huit frégates MEKO A‑200, pour environ 6,3 milliards d'euros s'agissant des quatre premières, avec une option de quatre unités supplémentaires d'environ 5,3 milliards d'ici fin 2026, sous réserve de l'aval de la commission budgétaire du Bundestag.
"Cela permettra de déployer le plus rapidement possible les contributions promises à l'Otan", conclut le ministère de la Défense.