Restructuration de Casino : le conseil d'administration favorable, avec des réserves, au plan de Kretinsky
information fournie par Boursorama avec AFP 10/07/2026 à 19:19

Le conseil d'administration du groupe Casino, objet depuis novembre d'un bras de fer entre son actionnaire principal Daniel Kretinsky et ses créanciers pour une nouvelle restructuration de sa dette, s'est dit vendredi favorable au plan avancé par le milliardaire tchèque, sous réserve notamment de meilleures garanties pour les créanciers.

Daniel Kretinsky, en 2019, à Paris ( AFP / THOMAS SAMSON )

Le conseil d'administration "a considéré que la proposition de l'actionnaire, faute d'accord consensuel, est celle qui sert le mieux l'intérêt social du groupe Casino", explique le distributeur dans un communiqué, précisant que les banques "ont indiqué saisir leurs comités de crédits" afin de statuer "d'ici le 20 juillet 2026".

Sous réserve d'un feu vert, Casino entend lancer dans la foulée la procédure de restructuration, "en vue d'une mise en œuvre" d'ici "la fin du second semestre 2026", ajoute le groupe dans son communiqué.

Le conseil d'administration de Casino approuvera ce plan à deux conditions. Il faut que l'accord prévoie que les "créanciers TLB" (investisseurs hors banque ayant prêté de l'argent au groupe via des prêts à long terme) aient accès "au package de sûretés des banques", ensemble des garanties que l'emprunteur apporte à ses créanciers.

Il faut aussi que les banques "lèvent la condition suspensive de leurs financements", fixée jusqu'ici à l'accord de la majorité des deux tiers des créanciers TLB, indique le conseil d'administration de Casino.

Passé sous le contrôle du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky en 2024, après des années de pertes et de surendettement, le groupe Casino (Monoprix, Franprix, Naturalia, Cdiscount, etc.) doit rembourser 1,4 milliard d'euros en mars 2027, un montant qu'il souhaite largement réduire, via d'âpres négociations entamées fin 2025.

La dette de Casino a déjà été allégée de près de 5 milliards d'euros lors d'une première restructuration il y a deux ans, qui s'était traduite par le départ du PDG historique, Jean-Charles Naouri, la vente des supermarchés et hypermarchés du groupe et 2.200 licenciements.

Mais aucun accord n'a pu être trouvé au 30 juin dernier, date prévue par la direction pour la fin de la période des discussions.

Dans son nouveau plan, France Retail Holdings (FRH), majoritairement contrôlé par Daniel Kretinsky, propose de convertir en actions entre 610 et 685 millions d'euros de dette détenue par les créanciers, ainsi qu'une augmentation de capital de 550 millions d'euros. A l'issue de l'opération, FRH détiendrait environ 66,8% du capital de Casino.