Repli persistant en Europe : instabilité au Moyen-Orient, hausse du pétrole
information fournie par Zonebourse 20/10/2026 à 10:45

Plus de 90 minutes après l'ouverture de la séance ce mardi, les Bourses européennes poursuivent leur recul, les yeux toujours fixés sur les tensions au Moyen-Orient. Le CAC 40 se dirige vers une deuxième séance de baisse consécutive, cédant 0,43% à 7 834,31 points. De leur côté, Londres, Francfort et Amsterdam perdent respectivement 0,47%, 0,80% et 0,70%.

Un climat géopolitique sous haute tension

L'absence d'avancée diplomatique et les tensions continues au Moyen-Orient incitent les investisseurs à une grande prudence. Les multiples attaques des rebelles Houthis du Yémen, alliés de Téhéran, visant l'Arabie saoudite (soutenue par Washington), illustrent cette instabilité persistante. Pour le moment, l'Iran et les Etats-Unis sont encore loin de trouver une issue favorable à leur conflit.

Dans ce contexte très dégradé, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a déclaré hier que les Etats-Unis étaient responsables de l'insécurité dans le détroit d'Ormuz. Cette voie stratégique, au coeur du conflit entre Washington et Téhéran, voit circuler près de 20% des hydrocarbures mondiaux, depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. "La guerre imposée par les Etats-Unis et Israël, conjuguée au blocus économique, constitue la principale source d'insécurité dans notre région", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse conjointe à Téhéran avec son homologue russe Sergueï Lavrov.

Hausse des cours du pétrole et craintes sur l'offre

Face à ces blocages diplomatiques et à la menace pesant sur le transit maritime, les prix du pétrole augmentent après 10h30. Le baril de Brent gagne 1,11% à 110,77 dollars. Le WTI américain progresse de 1,21% à 99,73 USD.

Ces deux principales références pétrolières évoluent ainsi à des niveaux proches de leurs plus hauts de cinq mois. Le moteur principal de cette progression reste donc l'inquiétude sur les flux d'hydrocarbures en provenance du Moyen-Orient. À ces craintes, s'ajoutent les tensions sur certains produits spécifiques, tels que le kérosène et le diesel, ce qui vient compliquer encore l'équation.

Cette crise durable conduit les analystes et les chefs d'Etat à ajuster leurs prévisions et leurs stratégies. LBP AM souligne que "l'enlisement au Moyen-Orient maintient une pression haussière sur les prix des hydrocarbures. A ce stade, il existe peu d'espoir d'avancées dans les négociations, tant le président Trump semble éloigné des discussions." Le gestionnaire d'actifs anticipe toujours le début d'une réouverture d'Ormuz après les élections américaines avec une offre qui deviendrait graduellement plus abondante. Cela permettrait un recul des prix des hydrocarbures avant la fin de l'année et qui accélérerait en 2027.

Face à ces perturbations sur les approvisionnements, Emmanuel Macron a démarré hier sa tournée dans les pays du Golfe. L'objectif du président français est de sécuriser les approvisionnements énergétiques de la France et obtenir un certain nombre d'engagements sur les hydrocarbures, dans un contexte de forte tension sur les marchés. Après une visite au Koweït et aux Émirats, il est attendu au Bahreïn et au Qatar.

Au-delà de cette actualité internationale prédominante, les investisseurs digèrent les nouvelles publications de résultats d'entreprises.

OVHCloud grimpe, Solvay dévisse

OVHCloud bondit de près de 8% grâce à ses solides résultats sur son exercice 2025-2026. Son résultat net s'élève à 9,4 millions d'euros contre 0,4 MEUR précédemment. L'EBITDA ajusté est en croissance de 9,7% à 480,5 MEUR, soit une marge de 42%, en hausse de 1,6 point. Le chiffre d'affaires a atteint 1 145,1 MEUR, en hausse de 7,2% à données comparables ( 5,6% à données publiées), au-delà de l'objectif de 5 à 7%, avec une nette accélération pour atteindre une croissance de 10,5% au 4e trimestre. Côté prévisions, le fournisseur européen de services de cloud computing vise pour le prochain exercice, une croissance du chiffre d'affaires à données comparables supérieure à 10% et une marge d'EBITDA ajustée de plus de 42,5%.

Virbac (-0,3%) recule légèrement alors que le spécialiste de la santé animale a dévoilé des ventes solides sur les neuf premiers mois de l'exercice 2026. Il a enregistré un chiffre d'affaires cumulé de 1,168 MdEUR à fin septembre, en progression de 7,9% à taux de change et périmètre constants (PCC) et de 5,9% à taux réels en raison d'effets de change défavorables. Fort de cette trajectoire et de la déclaration de son directeur général Paul Martingell, Virbac a confirmé ses perspectives pour 2026 tout en visant désormais le haut de sa fourchette initiale de croissance du chiffre d'affaires, fixée entre 5,5% et 7,5% à PCC, contre 7,9% sur les neuf premiers mois de l'année.

Ailleurs, en Europe, Solvay chute d'environ 5%. Le chimiste belge a lancé hier soir un avertissement sur ses résultats 2026, dans un contexte toujours perturbé par le conflit au Moyen-Orient. Le groupe souffre notamment de l'arrêt prolongé de son usine de production de peroxydes en Arabie saoudite. Le groupe table désormais sur un Ebitda annuel compris entre 720 et 740 MEUR et un flux de trésorerie disponible situé entre 120 et 150 MEUR. Il ciblait auparavant un Ebitda compris entre 770 et 850 MEUR, et un flux de trésorerie d'au moins 200 MEUR.

Outre les résultats, on apprend ce matin que la Commission européenne a donné le feu vert à EP Group pour le rachat de Fnac Darty. Elle a validé le projet d'offre publique d'achat (OPA) lancé en janvier par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky pour prendre le contrôle majoritaire du spécialiste du matériel électronique et de produits culturels Fnac Darty.